Comment aider un ami : que faire quand on ne sait pas quoi dire

Par Eva Shaw, Ph.D.

 

Un ami vous appelle pour vous dire qu’il y a eu un décès. Peut-être l’avez-vous lu dans le journal ou l’avez-vous entendu d’un collègue? Une personne dans votre communauté, un ami commun ou un membre de votre groupe religieux est décédé.

Les funérailles sont prévues et vous savez que vous devez y aller. Mais vous songez à vous désister, car, franchement, vous ne savez pas quoi dire et vous ne savez pas quoi faire. Vous êtes triste et pire encore, vous vous sentez mal.

Ne vous sentez pas inadéquat. Après le décès d’un proche, nos cœurs veulent être avec les survivants et partager ces moments remplis de chagrin. Mais, bien que nos cœurs veulent aider, nos « esprits » manquent de mots pour exprimer nos regrets.

Peu de gens expriment facilement ou gèrent facilement le deuil. Ce n’est pas votre faute. Il est impossible de pratiquer en prévision d’un deuil. L’expérience antérieure du décès d’un proche ne compte pas puisque chaque décès nous touche d’une façon différente.

Les recommandations suivantes vous aideront à exprimer vos sentiments avec des mots et dans vos actions. Avec ces idées viennent également quelques précautions.

Téléphonez, écrivez un mot ou faites une petite visite

Agissez en adulte, même si vous ne vous sentez pas comme tel, et dès que vous êtes avisé du décès, téléphonez, écrivez ou rendez visite aux survivants. Il n’est pas nécessaire d’être éloquent. Dites simplement ce qui est dans votre cœur. Vos sentiments se reflètent sur votre visage et s’entendent dans votre voix.

Quoi dire et quoi ne pas dire

« Le temps arrange les choses. » « Vous aurez d'autres enfants. » « Il est dans un monde meilleur. » Avant d’exprimer quoi que ce soit, mettez-vous dans les souliers de l’autre. Bien que la douleur qu’éprouvait une grand-mère est disparue, il est possible que le survivant ne croit pas qu’elle « est mieux » morte. Tout comme les parents d’un enfant, mort avant sa naissance, peuvent réagir de façon négative s’il est sous-entendu que la courte vie de l’enfant n’est pas importante. Le commentaire « Il est dans un meilleur endroit » peut blesser les survivants. Pour ces derniers, le seul « meilleur endroit » est peut-être à leurs côtés, assis ensemble dans le fauteuil à regarder les nouvelles du soir à la télévision.

Un simple « Acceptez mes condoléances » est toujours approprié. Ne dites pas « Je sais comment vous vous sentez. » Vous ne pouvez pas savoir comment les autres se sentent lorsqu’ils vivent un deuil même si vous aussi avez vécu le décès d’un proche.

Dites-le avec un geste

Tirez parti d’une poignée de main ou d’une accolade. Parfois, les mots échouent. Parfois, lors d'un décès les mots sont inutiles. Optez plutôt pour une pression amicale à l’épaule, une accolade ou enveloppez la main de la personne dans les deux vôtres pour communiquer vos sentiments de réconfort.

Les larmes aident à guérir

Offrez un mouchoir. Les larmes aident à guérir. Vous pouvez avoir besoin de pleurer aussi, car vous êtes également en deuil. Bien sûr, vous n’êtes pas aussi proche du défunt que la famille immédiate, mais ce décès peut vous rappeler des souvenirs d’une autre relation importante dans votre vie. Parfois, vos propres chagrins refont surface lorsque vous êtes témoin du deuil d’autrui.

Écoutez et soyez sensible

Soyez prêts à vous asseoir et à écouter même si les membres de la famille survivants veulent parler du décès, et inclure des détails choquants. « Pourquoi Patricia n’a-t-elle pas arrêté de fumer? » « Pourquoi n’a-t-il pas été chercher de l’aide pour son problème de boisson? » « Pourquoi Marie n’a-t-elle pas téléphoné si elle était déprimée? » « Que faisait Martin dans cette partie de la ville à deux heures du matin? » À moins d’en être vraiment capable, ne donnez pas de réponse.

Ne faites pas de commentaires ni d’observations sur la mort et les mourants, à moins d’être tout à fait certain que la personne survivante sera sensible à vos pensées. À la place, si c’est approprié, posez des questions d’une voix douce et gentille. Vous pourriez être surpris de constater combien de choses vous allez découvrir.

Bien que vous puissiez vouloir partager comment un extrait de la Bible vous a aidé dans votre période difficile, soyez sensible aux autres. Le décès peut être trop douloureux pour les survivants pour qu’ils puissent voir toute la beauté de ces mots. Souvent, les survivants en deuil restent longtemps dans la phase de colère, ils sont alors furieux envers le monde, la personne disparue pour les avoir quittés et Dieu. C'est naturel.

Utilisez le nom de la personne décédée

Si vous êtes à l’aise, utilisez le nom de la personne décédée. « Jacob était un homme bien. » « Suzanne était tellement bien organisée, je ne serais pas surprise qu’elle ait choisi les chants pour les funérailles. » Les survivants se languissent de la présence de la personne aimée et, en utilisant son nom, vous reconnaissez que cette personne spéciale est toujours importante.

Restez en contact avec les personnes en deuil

Restez en contact avec les survivants. Sachez quand même que les personnes en deuil ne souhaitent peut-être pas parler autant qu’avant, mais vous pouvez rester tout prêt. Vous pouvez demander « Ça irait si je te téléphonais (ou t’envoyais un courriel) tous les après-midi? » Si la personne survivante répond : « Non, merci ». Attendez une semaine et essayez de nouveau.

Trouvez un moyen concret d'aider

Utilisez des moyens créatifs pour garder contact. Ne dites pas : « Fais-le-moi savoir quand je peux t’être utile. » Les survivants n’acceptent pas votre aide, car la plupart de gens pensent qu'elle est offerte par politesse, et non par véritable désir d’aider. À la place, offrez des suggestions d’aide concrètes. « Est-ce que cela te dérange si je promène ton chien pour les prochaines semaines, le temps que tu en as plein les bras? » ou « Je vais au marché, je te laisse un sac de provisions à mon retour. »

Cherchez un moyen de dire : « Je me souviens »

Découpez une caricature dans le journal et déposez-la dans leur boîte aux lettres. Partagez une recette, des mots croisés ou une blague. Une carte, des photos ou une petite note sont peut-être tout juste ce dont la personne en deuil a besoin. Si vous visitez la personne survivante, ne soyez pas surpris si elle n’est pas dans l’esprit d’avoir de la « compagnie ». Faites une visite rapide.


Partagez vos souvenirs

Parlez si vous le désirez. Ne vous attendez pas à avoir une conversation profonde. Il est possible que les survivants aient trop de chagrin pour s’investir dans une grande conversation. À la place, partagez vos souvenirs et discutez « du bon vieux temps ». Vous pouvez vous rappeler vos souvenirs communs avec la personne décédée, ou ce qui vous liait à elle. Ou partager un moment qui est devenu une blague récurrente. « As-tu déjà entendu parler de la fois où je suis allé pêcher avec Marcel? Il a rapporté des truites grosses comme un requin. Et moi, tout ce que j’ai récolté ce sont des piqûres de moustiques. »

À la télévision, tout le monde sait quoi dire ou faire. Dans la vraie vie, on en dit souvent trop ou pas assez. Que faut-il faire? Donner une poignée de main chaleureuse et dire un « Je suis désolé » sincère est toujours approprié et apprécié.

À propos de l'auteur

Eva Shaw, Ph. D. est une autorité reconnue en matière de décès, de deuil et de gestion du deuil. Auteure du livre intitulé « What to Do When a Loved One Dies : A Practical and Compassionate Guide to Dealing with Death on Life’s Terms », elle est invitée comme expert dans plusieurs tables rondes et émissions de télévision. Conférencière reconnue et souvent sollicitée pour des conférences ou ateliers.