Le deuil d'un enfant

Par Ken Doka, Ph. D.

 

Vous ne vous attendez jamais à enterrer un enfant, peu importe l'âge de l'enfant. Les enfants, croit-on, devraient survivre à leurs parents. Vous vous attendez à voir vos enfants grandir et se développer, se marier et avoir leurs propres enfants avant de décéder.

Chaque fois qu'un enfant meurt, vous perdez non seulement cet enfant, mais aussi votre monde supposé — vos croyances à propos de ce que le monde devrait être. Il n'est donc pas étonnant que la mort d'un enfant à tout âge complique le deuil. C'est l'un des deuils les plus difficiles.

Cet article ne peut pas offrir de mots pour expliquer une telle perte. Aucun article ne le pourrait. Par contre, cet article pourrait offrir trois choses. Premièrement, dans sa description du processus de deuil, il peut offrir une validation, c'est-à-dire un sentiment que les réactions et les réponses qui émergent après le décès d'un enfant sont partagées par les autres parents qui luttent avec leur perte. Deuxièmement, il peut offrir des suggestions sur la façon de gérer les situations et les problèmes qui peuvent survenir lorsque vous êtes en deuil. Finalement, cet article offre de l'espoir.

Catherine Sanders, une mère qui venait de retourner à l'école, a perdu son fils de 15 ans dans un accident de ski nautique alors qu'elle regardait de la plage. Après le décès, elle a changé son champ d'études pour la psychologie et s'est concentrée sur l'étude du deuil — de plusieurs façons pour s'aider à comprendre son propre deuil. Finalement, après avoir reçu un doctorat, Sanders a beaucoup contribué à la compréhension des façons dont les parents font face au décès d'un enfant.

Dans ses études, Sanders a parlé des différentes phases du deuil que plusieurs parents vivent dans ce processus. Elle était sensible à l'individualité du deuil — reconnaissant que sa recherche pourrait expliquer les types de réactions que de nombreux parents ont, mais reconnaissant aussi les choix individuels que les parents font quand ils répondent et qu'ils s'adaptent à la perte.

1. Votre expérience de deuil

Un sentiment de choc

Plusieurs parents, a constaté Sanders, ont éprouvé un profond sentiment de choc lorsque leur enfant est décédé. C'est compréhensible, car même dans les cas où l'enfant a une maladie, on ne s'attend vraiment jamais à ce que son enfant décède avant nous.

Dans les jours qui suivent la mort de votre enfant :

• Tout peut sembler être dans la brume ou être un mauvais rêve.
• Il est parfois fréquent de nier ou de ne pas croire au décès.
• Tout peut sembler confus ou irréel.
• Vous pouvez sentir que vous suivez le mouvement sans jamais être pleinement conscient de ce qui s'est passé — ou de tout à fait croire l'horrible réalité.

Une des valeurs des funérailles est qu'elles offrent des opportunités pour faire face lentement à cette terrible vérité.

Conscience du décès

Sanders a qualifié la phase suivante de sensibilisation au décès. Maintenant que le choc commence à s'estomper, vous risquez d'éprouver un chagrin intense. Le chagrin, après tout, est la réponse naturelle et normale à la perte. Cette expérience du deuil vous affectera sous tous les aspects : physique, émotionnel, cognitif, social et spirituel.

L'aspect physique

Physiquement, le deuil peut vous faire vous sentir mal. Vous pouvez éprouver une gamme de maux et de douleurs — maux de tête, maux de dos, douleurs musculaires, difficultés digestives ou épuisement. Parfois, la douleur peut même être symbolique du deuil. Par exemple, des études portant sur des mères, qui ont été témoins de la mort d'un nouveau-né, ont découvert que plusieurs d'entre elles se plaignaient de douleurs dans les bras — les muscles normalement utilisés pour étreindre ou bercer un enfant. D'autres parents ont décrit leur deuil comme un sentiment de vide qui ressemblait à « un trou dans le cœur ».

Bien que les réactions physiques au deuil soient habituelles, il est essentiel de surveiller attentivement votre santé pendant la période qui suit le décès de votre enfant. C'est un moment stressant et vous êtes vulnérable. Dans les moments de tension, une bonne hygiène personnelle est essentielle.

Surveillez les façons dont le décès a affecté votre propre style de vie et vos habitudes :

• Mangez-vous et dormez-vous bien?
• Faites-vous suffisamment d'exercice?
• Prenez-vous vos médicaments prescrits de la bonne façon?
• Utilisez-vous trop de médicaments sur ordonnance ou de médicaments en vente libre?
• L'alcool est-il devenu un moyen de faire face au deuil?
• Faites-vous des choses pour réduire le stress?

o écouter de la musique

o faire de l'exercice

o autres activités plaisantes

Si les réactions physiques problématiques persistent, consultez un médecin. Il est important d'informer le médecin de votre deuil récent.

L'aspect émotionnel

Naturellement, les émotions font aussi partie du deuil. Vous pouvez éprouver des sentiments intenses lorsque vous faites face au deuil de votre enfant. Il peut y avoir des périodes de profonde tristesse, d'ennui intense et même des moments de profonde solitude.

Colère

Vous n'êtes peut-être pas préparé à la colère que vous pourriez ressentir — choqué que votre mèche semble si courte. La colère est une réponse naturelle au deuil, un sentiment qui se manifeste lorsque quelqu'un d'aussi important disparaît de votre vie. Vous pourriez diriger cette colère envers :

• ceux que vous jugez responsables ou qui ne vous soutiennent pas.
• vos proches.
• la personne décédée.
• Dieu pour avoir permis que cela arrive.
• d'autres enfants apparemment engagés dans des actes destructeurs ou des comportements négatifs.

Alors que la colère est une réaction normale lorsque vous êtes en deuil, cela peut être problématique si elle devient blâmable ou chasse les autres et vous prive ainsi de soutien — vous séparant de ceux dont vous avez le plus besoin.

Culpabilité

Parfois, la colère peut être dirigée vers l'intérieur, contre vous-même. La culpabilité est aussi une réponse commune au deuil. En tant que parent, il est facile d'avoir des attentes irréalistes, de croire que vous auriez dû protéger votre enfant de la mort. Margaret Mile et Alice Demi ont étudié les types de réactions de culpabilité que les parents ont suite à la mort d'un enfant. Elles ont trouvé que ces réactions étaient à la fois puissantes et complexes.

• Il peut y avoir de la culpabilité de rôle — un sentiment que vous auriez pu être un meilleur parent, être plus attentionné et plus responsable.
• Il existe aussi la culpabilité cause du décès — un sentiment que vous avez un rôle dans le décès. C'est très commun quand un enfant décède d'une maladie génétique. Pourtant, elle se manifeste dans de nombreuses autres circonstances, comme un enfant qui meurt dans un accident de voiture lors d'une course pour un parent.
• Avec la culpabilité du survivant vous pouvez vous sentir coupable d'être encore en vie, une réaction souvent commune non seulement chez les parents, mais aussi chez les frères et sœurs.
• Vous pourriez même ressentir une culpabilité morale que ce décès soit une forme de punition cosmique pour quelque chose que vous avez fait ou n'avez pas fait.
• Ensuite, il y a ce que Miles et Demi ont nommé la culpabilité du deuil — se sentir coupable que vous fassiez trop mal ou trop bien votre deuil.

Vous ne pouvez pas contrôler ces sentiments de culpabilité. La culpabilité n'a pas besoin d'avoir une base rationnelle pour être vécue comme réelle, mais parfois il est utile de sortir de soi-même pour se demander si les autres vous verront comme coupables.

Anxiété et peur

Vous pouvez éprouver plus d'anxiété et de peurs. Quand un enfant décède, il est facile de sentir que le monde est un endroit dangereux où tout peut arriver. Il peut être très difficile de laisser les enfants survivants participer aux activités normales de la vie. C'est facile de devenir trop protecteur.

Jalousie

Vous pouvez même vous sentir jaloux des autres adultes qui ont encore leurs enfants. Ces sentiments de jalousie sont communs, mais ils peuvent être dérangeants. Vous trouverez peut-être même moins de patience envers ceux qui partagent les problèmes normaux inhérents à l'éducation des enfants : mauvais comportement, mauvaises notes ou autres facteurs qui vous paraissent maintenant presque des plaintes insignifiantes. Vous pouvez même ressentir un sentiment d'être différent, peut-être même un sentiment de honte, un sentiment que les autres parents vous voient maintenant d'une autre façon qu'avant le décès.

Autres réactions et sentiments

D'autres réactions et sentiments momentanés peuvent se produire. Si votre enfant a souffert d'une maladie ou de blessures, vous pourriez éprouver un sentiment de soulagement que la douleur ou l'inconfort soit maintenant terminé. À d'autres moments, vous pouvez ressentir une nouvelle perception du rôle que votre enfant jouait dans votre vie. Ces émotions sont aussi normales, le résultat naturel de votre temps passé ensemble.

Il n'existe pas d'ordre à ces sentiments. Il n'est pas inhabituel d'éprouver de nombreuses émotions, même contradictoires, lorsque vous êtes en deuil. Un thérapeute du deuil l'a décrit comme « une ruche de sentiments », c'est-à-dire de nombreuses émotions complexes, voire ambivalentes, qui bourdonnent à l'intérieur de vous. Cela aussi fait partie de l'expérience du deuil.

Par contre, ces sentiments et émotions constituent seulement une partie de l'expérience du deuil.

L'aspect cognitif

Le deuil influence aussi votre façon de penser.
• Vous pourriez avoir de la difficulté à vous concentrer.
• Vous pouvez sembler oublier et vous trouver facilement distrait.
• Vous pouvez constamment penser à votre perte, en continuant à examiner les détails douloureux dans votre tête et en vous demandant si cela aurait pu se passer autrement.

Il n'est pas inhabituel d'avoir des expériences comme celles-ci. Louis LaGrand, un écrivain, les a appelées des expériences extraordinaires, où vous avez un incident qui évoque l'enfant.

• Cela peut être un sentiment momentané où vous ressentez la présence de l'enfant décédé.
• Ou peut-être pourriez-vous même sembler voir, sentir, ressentir ou même entendre votre enfant.
• Les rêves à propos de votre enfant peuvent être communs.
• Il peut même y avoir des moments où un autre événement ou un commentaire vous fasse ressentir la présence de votre enfant.

Plusieurs parents trouvent ces événements inexplicables réconfortants une fois assurés qu'ils ne sont pas rares.

L'aspect social

Vos comportements pourraient aussi être différents.

• Vous pourriez pleurer abondamment, sangloter de façon incontrôlable.
• Ou vous pourriez être confus par votre incapacité à pleurer.
• Vous pourriez vous sentir moins patient ou plus enclin à la colère.
• Ou, vous pourriez être plus léthargique ou apathique.
• Vous pourriez même vous retirer, cherchant beaucoup de temps à passer seul, comportement qui n'était pas typique de vous avant le décès.
• Ou, vous pourriez constamment chercher à être actif et la compagnie des autres comme un moyen de vous distraire de votre chagrin.
• Certains pourraient éviter tous les rappels de l'enfant décédé. Il peut simplement être trop pénible de voir des photos ou de regarder des activités qui font penser à votre enfant.
• D'autres peuvent rechercher ces rappels et trouver les souvenirs qu'ils évoquent réconfortants.
• Vous pouvez même trouver important de s'engager dans des activités qui témoignent de votre enfant.

Charles, par exemple, a trouvé important d'être actif dans la création d'une bourse d'études, financée par un match de basket-ball de charité pour perpétuer la mémoire de son fils décédé.

L'aspect spirituel

Souvent, le deuil peut influencer votre spiritualité. Certains peuvent trouver beaucoup de force dans leurs croyances. Elles sont ce qui vous soutient dans votre lutte contre votre chagrin et dans votre deuil. Vous pourriez trouver que votre spiritualité est plus profonde, assister à la messe, prier ou lire les Écritures saintes plus souvent que par le passé.

D'autres pourraient sentir que leur spiritualité est menacée. Ce n'est pas rare quand un enfant décède. Il est facile de sentir que le décès de votre enfant n'est pas dans l'ordre des choses ou vous pourriez vous sentir abandonné par votre foi. Vous pourriez lutter avec votre colère contre Dieu et avoir des doutes à propos de vos croyances antérieures. Vous pourriez trouver difficile de connecter avec vos croyances antérieures et obtenir peu de confort de votre foi en ce moment. Vous pourriez vous retrouver à chercher un moyen de donner un sens à ce deuil insondable.

Les montagnes russes

Au cours de cette période, l'expérience du chagrin peut souvent être décrite comme des montagnes russes, plein de hauts et de bas intenses, puis de hauts et de bas. Certains jours, vous pourriez sentir que vous allez bien, pour plonger dans un profond sentiment de chagrin par après. Certaines de ces périodes basses ne sont pas surprenantes, vous pouvez vous attendre à ce que les fêtes et autres événements tels que les anniversaires soient difficiles. Cependant, il n'existe pas de véritable prévisibilité. Parfois, de petits événements, comme voir un enfant qui ressemble au vôtre ou qui s'habille de la même façon, regarder l'émission de télévision préférée de votre enfant, entendre une chanson, voir les amis de votre enfant dans la rue ou même voir son jouet ou son jeu préféré, peut susciter un chagrin intense.

Conservation et abandon du deuil

Il n'existe pas de calendrier à suivre pendant cette période de deuil intense. Par contre, au fil du temps, l'intensité des émotions commencera à diminuer. Vous pourriez être contraint par les exigences de la famille ou du travail de vivre le quotidien même si vous faites encore face à votre deuil. Le monde autour de vous pourrait sembler maintenant moins patient avec votre chagrin. Vous pourriez sentir que vous mettez un masque pendant que vous effectuez les tâches et activités du quotidien.

Sanders nomme cette phase de deuil la conservation et l'abandon. À bien des égards, c'est l'une des périodes les plus longues et les plus difficiles de votre processus de deuil. Même si le chagrin persiste, peut-être à un niveau d'intensité moindre, le soutien social est souvent réduit. Votre famille et vos amis pourraient sous-estimer ou ne pas comprendre votre chagrin continu et votre besoin de soutien. Pourtant, c'est souvent un moment où, comme l'a noté un collègue dont la fille est décédée, « vous devez faire face à la présence continue de l'absence ».

Durant cette période, il peut sembler que vous ayez besoin de toutes vos énergies juste pour répondre aux exigences de la vie. Physiquement, vous pourriez vous sentir fatigué et sembler avoir encore besoin de sommeil pour faire face aux exigences de la vie et à votre chagrin. Il est primordial de prêter attention à votre santé pendant cette période, car le stress continu du deuil peut affaiblir votre système immunitaire et vous rendre plus vulnérable à la maladie.

Les choix dans le deuil

Un des points importants soulevés par Sanders est que vous avez des choix dans le deuil. Certaines personnes peuvent continuer leur vie apparemment sans jamais quitter cette phase. Je me souviens d'une maman dont l'enfant unique est décédé. Elle a dit que pendant que son fils était vivant, elle voyait le monde en couleur, utilisant la métaphore d'une émission de télévision. Elle m'a remerciée alors qu'elle mettait fin à sa thérapie, indiquant que je lui avais permis de remettre le téléviseur dans sa vie, seulement maintenant c'était une émission en noir et blanc. Je lui ai suggéré, « nous pourrions ramener la couleur. » Elle s'est opposée. Cela, selon elle, serait une trahison envers son fils.

Comme l'a indiqué Sanders dans ses recherches, vous pouvez choisir d'aller de l'avant, de vivre une vie pleine de sens malgré le deuil. Peut-être serez-vous même capable de trouver un sens qui fera de votre vie un hommage à votre enfant. Dans la recherche de Sanders, de nombreux parents ont fait l'expérience de ce moment décisif dans leur chagrin quand ils :

• commencent à reprendre leurs activités.
• reconnaissent les besoins de leurs autres enfants.
• s'engagent dans des activités en hommage à leur enfant décédé.

De tels parents, remarque Sanders, atteignent la phase du renouveau.

Renouveau

Apprendre à vivre malgré le deuil est la meilleure façon de décrire le renouveau. Comme l'a décrit un thérapeute, vous avez un espace vide dans votre cœur, mais vous avez maintenant appris à vivre avec cet espace vide. Pour plusieurs, au fil du temps, les montagnes russes commencent à ralentir, les mauvais jours sont moins fréquents, moins intenses et n'ont pas tendance à durer aussi longtemps. Au fur et à mesure que la douleur diminue, vous pourriez constater que votre énergie et vos capacités précédentes semblent revenir. Le deuil devient moins handicapant. Souvent, vous commencez à fonctionner à un niveau similaire à celui précédant le deuil. Au cours de cette période, il se peut que vous subissiez des moments difficiles, en particulier lors d'anniversaires, de fêtes ou autres événements spéciaux. Vous ne perdrez jamais votre lien ou vos souvenirs de l'enfant décédé.

Le point de vue de Sanders peut offrir une feuille de route très générale, mais il est important de se rappeler qu'il n'existe pas de façon unique et parfaite de vivre une expérience douloureuse et le deuil n'a pas un emploi du temps fixe. Votre expérience du deuil est ce qu'elle est. Elle vient de ce que vous êtes. Après tout, vous ne pouvez pas comparer votre deuil aux deuils des autres ou vos réactions ou vos réponses à celles des autres. Les expériences différentes de deuil ont peu à voir avec combien vous avez aimé ou avez pris soin de votre enfant. Chaque enfant, chaque relation, même les circonstances du deuil sont uniques. Votre deuil sera différent aussi.

2. Votre parcours de deuil

Le pouvoir d'un rituel

La première chose que vous aurez à faire lorsque votre enfant décède est de planifier les funérailles. Vous pourriez être en état de choc tout au long de ce processus. Un sentiment d'irréalité peut imprégner l'événement puisque vous ne vous attendiez jamais à devoir planifier un tel événement pour votre propre enfant. Néanmoins, les funérailles peuvent être considérées comme l'un des premiers arrêts dans votre parcours de deuil.

Les funérailles et les services commémoratifs sont des événements thérapeutiques puissants pour plusieurs raisons. Ils sont des « rites de passage », une façon digne qu'ont les gens de passer du monde lié au décès pour rejoindre le monde des vivants. Cependant, les funérailles sont plus que cela, elles jouent de nombreux rôles pour la famille survivante. Elles fournissent un sens de structure et de soutien dans une période très stressante. Les funérailles offrent également un lieu sûr pour l'expression physique et émotionnelle du chagrin, parce que le rituel contient ce chagrin et guide son expression. Elles offrent une chance à la famille, aux amis et à la communauté en général de se rassembler pour offrir leur soutien. Les rituels funéraires provoquent des souvenirs qui vous aident à trouver un sens à la vie de la personne dont les personnes en deuil se souviennent. En outre, les funérailles vous permettent de puiser dans vos propres croyances spirituelles pour trouver du réconfort même en cette période difficile.

Services personnalisés

Lors des funérailles, il y a peut-être des choses que vous pouvez faire qui peuvent vous aider dans votre parcours de deuil. Les rituels funéraires sont particulièrement thérapeutiques lorsqu'ils sont personnels. Votre directeur de funérailles et un membre du clergé peuvent vous aider à rendre les funérailles plus significatives.

Choses à considérer :

• Exposez des photos de votre enfant. De telles expositions n'évoquent pas seulement des souvenirs, elles réaffirment que votre enfant a eu une vie et vous rappelle aussi que votre enfant a touché la vie des autres.
• Existe-t-il des lectures, des poèmes, de la musique ou des hymnes qui ont une signification particulière?
• Existe-t-il une opportunité pour les autres de participer aux lectures ou à la musique?
• Existe-t-il une possibilité de faire un témoignage, un membre de la famille ou un ami peut-il dire quelques mots au sujet de l'enfant qui est décédé?
• Si votre enfant était plus âgé, peut-être que ses amis pourraient jouer un rôle symbolique en tant que porteurs ou huissiers, voire en lisant, peut-être des Écritures ou de la poésie qui ont une signification pour l'enfant.
• Peut-être que vous pouvez inclure la troupe de danse de l'école de votre enfant, un groupe de musique ou une chorale dans une performance musicale.

Autres rituels publics

Même au-delà des funérailles, il peut y avoir des occasions pour des rituels qui commémorent la vie de votre enfant. Par exemple, vous voudrez peut-être avoir un service commémoratif ou une messe le jour anniversaire du décès. Vous pouvez aussi organiser d'autres événements. Un père dont le fils est décédé à l'école secondaire organise un événement sportif caritatif chaque année en mémoire de son fils. L'argent amassé soutient une bourse d'études en l'honneur de son fils.

Rituels familiaux privés

Ils peuvent être aussi simples qu'allumer une chandelle le jour anniversaire du décès. Une famille place un jouet significatif comme un système de jeu vidéo sous le sapin de Noël comme un cadeau de la part de l'enfant à la famille. Une autre famille achète un cadeau emballé pour l'enfant et il sera donné à un refuge pour enfants. Ces deux petits rituels donnent une voix à des sentiments de chagrin qui pourraient autrement rester silencieux. Les deux donnent la permission aux membres de la famille de partager à la fois leurs souvenirs et leur chagrin.

L'adaptation à votre deuil

Alors que l'expérience de deuil est différente pour tout le monde, J. William Worden, un thérapeute du deuil, parle des tâches ou des problèmes communs que les personnes doivent affronter lorsqu'ils sont en deuil. Le mot « tâches » est intéressant. Tout comme avec n'importe quelles tâches, certaines personnes trouvent certaines tâches plus faciles à réaliser que d'autres. Chaque personne effectue ses tâches à sa manière.

Entreprendre n'importe quelle tâche peut être difficile et exténuant. Le deuil n'est pas différent. Tout comme vous avez besoin de vacances au travail, vous avez besoin de répit dans les tâches de deuil. Vous n'avez pas à vous sentir coupable s'il y a des moments où vous trouvez du plaisir dans une activité ou si vous semblez avoir oublié temporairement votre deuil. Ces moments où vous êtes un peu éloigné du chagrin sont à la fois nécessaires et naturels. Ils font partie du cycle, des montagnes russes des hauts et des bas qui font tellement partie du deuil.

Reconnaître la réalité de votre deuil.

Lorsque votre enfant décède, peu importe les circonstances ou son âge, cela peut sembler irréel, un cauchemar dont vous souhaitez vous réveiller. Vous ne vous attendiez jamais à ce que votre enfant décède avant vous. Cela prend du temps pour s'ajuster à la nouvelle et tragique réalité. Vous pourriez vous retrouver marchant vers la chambre de votre enfant ou acheter ses céréales préférées.

Au début, le choc du décès peut vous isoler de la nouvelle réalité de ce qui s'est passé et se passe encore. Mais lentement, cette réalité commence à émerger, érodant ce choc et ce déni initial. Le rituel funéraire lui-même est un rappel, une réaffirmation de votre deuil, tout comme les cartes de sympathie et les appels de condoléances. Lorsque vous parlez de votre deuil et de votre chagrin avec les autres, peut-être même dans un groupe de soutien lié au deuil, la réalité du deuil commence à se faire sentir.

La plupart des gens, avec le temps, reconnaissent le décès. Graduellement, vous ne vous attendrez plus à ce que votre enfant revienne. La réalité du deuil s'infiltre lentement dans votre conscience. Peu à peu, vos comportements s'adaptent à la nouvelle réalité. Vous ne regardez plus dans la pièce pour voir si l'enfant est revenu. À l'épicerie, votre main ne cherche plus à atteindre l'article autrefois demandé.

Explorez et exprimez vos émotions

Comme indiqué précédemment, le deuil est souvent un moment où vous pouvez vivre beaucoup d'émotions difficiles et compliquées. Il y a peu d'émotions que vous ne ressentirez peut-être pas dans le deuil. La première étape dans la gestion de vos sentiments est de les reconnaître. Ils sont une partie naturelle du processus de deuil. Vous avez vraiment peu de contrôle sur l'expérience de ces sentiments. La première étape dans la gestion de vos sentiments est de les reconnaître.

Explorer vos sentiments

• Quels sont les circonstances et les moments qui ont déclenché ces émotions?
• Comment gérez-vous ces sentiments?
• Vous tenez-vous pour responsable de choses ou d'événements que vous ne pouviez tout simplement pas contrôler?

Parfois, lorsque vous examinez vraiment les émotions difficiles, elles disparaissent comme de la brume. Alors que vous luttez avec vos émotions, puisez dans vos propres forces spirituelles. Apprenez à vous pardonner.

Gérer les émotions du deuil.

Même si vous ne pouvez pas contrôler ce que vous ressentez, vous pouvez contrôler la façon dont vous réagissez à vos réactions de deuil. Il existe des façons constructives et destructives de gérer ses émotions. Pensez, par exemple, à la colère.

Les façons constructives de gérer la colère peuvent inclure :

• faire de l'exercice
• frapper un oreiller
• crier après une chaise vide
• fantasmer
• diriger votre colère pour adopter un changement, par exemple, vous impliquer dans une organisation qui lutte activement contre ce qui a pu causer le décès de votre enfant

Il existe aussi des façons destructrices de gérer la colère, s'en prendre à ceux qui vous entourent, s'éloigner des autres et limiter votre soutien. Celles-ci devraient être évitées ou minimisées.

La peur et l'anxiété offrent un autre exemple. Le décès de votre enfant peut faire en sorte que le monde semble dangereux. Néanmoins, votre peur et votre anxiété peuvent être transformées en force de changement. Un moyen constructif de gérer l'anxiété après qu'un enfant ait été tué en traversant la rue pour aller à l'école serait de faire pression pour un brigadier, plutôt que de demander à tous les enfants de rester bien en vue chaque minute de marche jusqu'à l'école — inhibant leur développement et leur indépendance émergente.

Affaires inachevées

Vous pourriez avoir certaines affaires inachevées. Vous pourriez regretter quelque chose que vous avez fait ou dit, ou quelque chose que vous n'avez pas dit ou n'avez pas fait. Une fois que vous reconnaissez l'affaire inachevée, vous pouvez trouver un moyen de compléter cet acte inachevé. Certains peuvent partager un dernier commentaire avec une chaise vide ou une sépulture, d'autres peuvent écrire une note dans un journal ou une lettre à leur enfant ou accomplir un petit rituel.

Fêtes, anniversaires et occasions spéciales

Certains jours, comme les vacances, les anniversaires et les occasions spéciales comme l'anniversaire du décès, sont généralement difficiles. Vous n'avez pas à dériver, inconscients dans ces moments émotionnellement difficiles. Soyez préparé. Pensez à l'endroit où vous aimeriez être, à ce que vous souhaiteriez faire et avec qui vous souhaiteriez être en ces journées difficiles.

Trouvez de l'aide quand vous en avez besoin

Parfois, vous pouvez peut-être faire cette exploration par vous-même. Prendre le temps de travailler à analyser vos sentiments ou écrire dans votre journal à leur sujet peut être utile. D'autres fois, il peut être utile d'examiner vos émotions avec un ami proche ou un confident, dans un groupe de soutien ou peut-être avec un conseiller ou un membre de votre clergé.

S'ajuster à la nouvelle réalité de la vie sans votre enfant

Lorsque votre enfant décède, votre vie change. Ces changements peuvent être profonds et subtils. Votre maison peut vous sembler étrangement silencieuse. Vous pouvez trouver que des activités qui avaient un sens, cuisiner ou peut-être regarder la télévision, n'ont plus la même signification. Vous pourriez vous ennuyer des activités que vous faisiez avec votre enfant. Si votre enfant était plus âgé et avait un conjoint ou des enfants, les relations avec la belle-famille et les petits-enfants pourraient également être transformées.

Le décès d'un enfant peut créer des « pertes secondaires » ou changer d'autres choses. Vous pouvez trouver que les relations avec les autres parents ne sont plus les mêmes à la suite du décès de votre enfant. Vous pouvez vous ennuyer du fait que les amis de votre enfant ne viennent plus à la maison.

Nommer les changements

L'une des tâches essentielles du deuil consiste donc à s'adapter à une vie sans votre enfant, une vie qui a maintenant changé. Nommer ces changements aide. Cela accomplit deux choses :

• Cela valide, vous rappelant les nombreuses façons dont la vie a changé.
• Cela vous permet de résoudre des problèmes, de déterminer ce que vous pouvez contrôler et les changements que vous devrez simplement accepter.

Évaluer les changements

Vous voudrez peut-être évaluer quels changements vous causent le plus de difficultés. Que pouvez-vous faire à leur sujet? Ces questions vous permettent d'évaluer les situations, les moments et les événements qui sont difficiles pour vous. C'est seulement alors que vous pourrez décider comment vous adapter à ces changements de la façon qui vous convient le mieux.
Évaluer vos propres forces et faiblesses :
• Vous êtes-vous adapté au changement et au deuil dans le passé?
• Qu'avez vous bien fait?
• Quelles sont les façons de gérer problématiques que vous avez utilisées dans le passé et que vous pourriez vouloir éviter?
• Sur qui pouvez-vous compter pour de l'aide?

Obtenir de l'aide quand vous en avez besoin

Si votre famille ne fonctionne pas bien après le décès de votre enfant, vous devrez peut-être faire appel à votre famille élargie ou peut-être même à votre communauté de foi, à vos amis ou à des professionnels.
Si vous avez d'autres enfants, votre fonctionnement aura une influence majeure sur leur façon de gérer le deuil. Vos enfants survivants ont besoin de ce dont tous les enfants ont besoin, amour, soutien, constance et structure. Si l'intensité de votre deuil détériore votre capacité à répondre à ces besoins, puisez dans les forces des autres. Peut-être pourriez-vous envisager qu'un membre de la famille emménage avec vous pendant un certain temps pour vous aider.

Stress

Reconnaissez, aussi, que le changement ajoute du stress à votre vie. Prendre soin de soi, avoir suffisamment de nourriture nutritive, dormir suffisamment et faire assez d'exercice et faire tout ce que vous pouvez pour gérer le stress, vous prépare à faire face plus efficacement à un monde qui a maintenant changé.

Donnez-vous le temps en cadeau. Dans les périodes de stress, il est possible que vous ne pensiez pas clairement. Essayez de trouver des solutions provisoires plutôt que définitives. Il serait peut-être préférable, par exemple, de ranger les jouets et les affaires de votre enfant, si c'est ce que vous voulez faire, plutôt que de les jeter ou de les donner immédiatement. Plus tard, vous serez peut-être plus conscient des choses que vous souhaitez conserver.

Se souvenir de votre enfant

La fin du deuil n'est pas la fin des souvenirs. Les mots comme la « conclusion » ont en réalité peu de signification dans le deuil. Même dans la mort, vous gardez toujours un lien avec votre enfant que le temps ou la mort ne peut jamais rompre.

Le lien avec votre enfant continu dans :

• les souvenirs
• l'héritage qu'il a laissé
• les liens et les expériences spirituelles que vous avez

Vous pouvez même porter en vous une « représentation personnelle » de votre enfant. Cela signifie que lorsqu'un enfant meurt à un jeune âge, vous êtes constamment conscient de l'âge qu'aurait l'enfant aujourd'hui. Vous pouvez penser en vous-même que c'est l'année où votre enfant obtiendrait son diplôme de l'école, aurait une Bar Mitzvah ou rejoindrait la Ligue junior. La représentation personnelle est naturelle, un autre exemple du lien que vous conservez avec votre enfant.

Souvenirs

Les souvenirs sont naturels, même inévitables. Pensez à combien de fois un endroit, un goût ou une odeur évoquera un souvenir oublié depuis longtemps. Vous ne pouvez pas plus contrôler ce dont vous vous souvenez que ce que vous ressentez. En fait, au fur et à mesure que la douleur diminue, vos souvenirs deviennent plus vifs et moins douloureux. Ceci est souvent un des premiers signes positifs dans votre parcours de deuil.

Souvent, les souvenirs sont aussi réconfortants. Ils vous rappellent la personne décédée, la rapprochant, même fugitivement. Ils sont une affirmation de la vie et de l'amour partagés.

Souvenirs douloureux

Cependant, les souvenirs peuvent être une épée à double tranchant. Certains souvenirs peuvent être douloureux, vous rappelant des moments difficiles et troublants ou des relations difficiles. De même, vous pouvez être obsédé par certains souvenirs, revoir à maintes reprises la maladie, la mort ou même des actions ou des mots que vous avez regrettés ou d'autres actions que vous auriez souhaité avoir faites ou des mots que vous auriez souhaité avoir prononcés. Oui, ces souvenirs douloureux doivent aussi être gérés. Ce n'est que lorsque vous les explorerez complètement que vous pourrez vraiment les comprendre et trouver des moyens de libérer ces souvenirs problématiques.

Participer à des activités

Il peut être utile de participer à des activités qui vous permettent de conserver ce lien avec votre enfant. Des albums de collages ou de photos, des événements spéciaux et des rituels, même des souvenirs comme des bourses ou des contributions au nom de votre enfant sont des moyens naturels et utiles pour réaffirmer la présence continue de l'enfant dans votre vie.

Reconstruire sa foi

Dans les situations difficiles, il est naturel de vous tourner vers votre foi, vos croyances et votre philosophie de vie pour trouver des réponses, trouver un sens. Parfois, votre foi peut offrir un réconfort ou du moins un sentiment de soutien et de présence qui vous soutient dans votre chagrin.

Quand la foi est brisée

Dans d'autres cas, le décès d'un enfant peut briser vos croyances les plus chères, même celles profondément ancrées. Vous pouvez avoir du mal à croire qu'il y a un sens à l'univers ou un but dans la vie. Les circonstances du décès ou l'ampleur de la souffrance peuvent rendre difficile la croyance en un Dieu bienveillant. Vous pourriez vous sentir seul et abandonné. Votre foi peut sembler vous offrir peu de réconfort.

Partagez vos luttes

Une des tâches du deuil est donc de reconstruire votre foi et votre philosophie mises au défi par le deuil. Une des plus grandes erreurs que vous pourriez faire durant cette période est de vous isoler de vos croyances. À la place, vous avez besoin de partager vos luttes avec votre communauté religieuse. C'est le moment d'identifier ceux qui, au sein de vos communautés de foi, peuvent cheminer avec vous, ceux qui sont à l'aise pour entendre vos conflits et partager les leurs.

Alors que vous devrez peut-être chercher à trouver et contacter ces personnes, vous pourriez être surpris de voir à quel point les leaders religieux peuvent être conscients de vos doutes et de votre incertitude. Ils peuvent même partager votre colère ou votre déception avec Dieu et être une présence réconfortante pendant votre lutte pour votre foi.

Trouvez une discipline spirituelle

Prière, méditation, rituel et lectures sont toutes des façons de connecter avec les traditions de votre foi. Chaque tradition spirituelle et chaque philosophie a fait la rencontre du deuil et du chagrin. Chacune a des écritures qui parlent de cette rencontre. Conservez votre propre discipline spirituelle, peu importe ce qu'elle est.

Explorer les luttes d'autrui

Finalement, vous pourriez trouver utile de lire à propos des luttes d'autrui. Le rabbin Harold Kushner a écrit « Pourquoi les mauvaises choses arrivent aux bonnes personnes » alors qu'il luttait contre la mort de son jeune fils. C.S. Lewis a exploré ses luttes de foi après la mort de sa femme dans « A Grief Observed ». Ces écrits nous rappellent non seulement que de tels moments sont des vallées naturelles et normales dans le cheminement de la foi et du deuil, mais qu'ils offrent aussi une introspection, des suggestions sur la meilleure façon de faire face et d'espérer.

3. Faire son deuil en famille

Vous êtes en deuil, votre conjoint aussi

Le décès d'un enfant vous touchera profondément et touchera aussi profondément votre conjoint, mais peut-être de façon différente. Chaque personne, après tout, vit son deuil à sa façon. Vous ne pouvez pas comparer votre deuil aux deuils des autres, ou vos réactions ou vos réponses à celles des autres. Les expériences différentes de deuil ont peu à voir avec combien vous aimez ou avez pris soin de votre enfant.
Terry Martin, psychologue au Hood College, et moi avons écrit sur ce que nous avons appelé un continuum de différents styles de deuil.

Le deuil intuitif :

• Vous pouvez ressentir le deuil comme des vagues d'émotions, la solitude, la tristesse, la colère et la culpabilité.
• Vos expressions de deuil reflèteront ces sentiments. Il pourrait vous arriver de pleurer, peut-être même de façon incontrôlable à certains moments.
• Vos émotions sont des couleurs vives, faciles à voir pour les autres. Lorsque vous êtes en colère ou triste, les autres le sauront rapidement.

Le deuil instrumental :

• Vos sentiments ont tendance à être plus assourdis.
• Comme de tons pastel, ces sentiments ne sont pas clairement visibles pour les autres, peut-être même pour vous.
• L'expérience de votre deuil est plus dans vos pensées ou peut-être dans votre corps.
• Vous pouvez trouver plus facile d'exprimer votre chagrin dans ce que vous faites, par exemple dans des œuvres d'art.

Le deuil composé :

Naturellement, certaines personnes se trouvent plus au milieu de ce continuum, vous pouvez trouver que votre style de deuil mélange des traits des deux autres. D'autres, souvent dans des moments de très grande difficulté, peuvent essayer d'agir différemment de leurs inclinaisons. Par exemple, une personne peut cacher ses propres émotions et ses larmes pour épargner un partenaire.

Aucune « bonne » façon de gérer son deuil

Le but de ceci est de réaffirmer qu'il n'existe pas qu'une seule bonne façon de gérer son deuil. Vous et votre conjoint pourriez avoir différentes façons de gérer votre deuil. Ce ne devrait pas être un problème à moins que vous n'en fassiez un. Par contre, il y a quelques points à garder en tête tandis que vous gérez les différences dans vos façons de vivre votre deuil.

1. Reconnaissez et respectez que vous puissiez vivre vos deuils de différentes façons.

Cela ne veut pas dire que l'un de vous a un problème ou qu'il aimait moins l'enfant. Cela réaffirme simplement que vous êtes différents. Ces différences peuvent être des forces. Par exemple, tandis qu'un conjoint peut devenir fatigué en deuil, l'autre pourrait trouver du soulagement dans le fait de rester actif et il pourrait être en mesure d'assumer un rôle plus actif avec les enfants.

2. Vous pourriez avoir à prendre la responsabilité de répondre à vos propres besoins.

La façon que vous trouvez utile de gérer votre deuil peut ne pas être utile à votre conjoint. Bien que vous puissiez trouver un groupe de soutien utile, ce n'est peut-être pas le cas de votre conjoint.

3. Communiquer vos inquiétudes

Les dimensions de votre chagrin peuvent affecter tous les aspects de votre relation, y compris votre capacité à vous comprendre, vos manières de vous soutenir les uns les autres, même votre niveau d'intimité. Il est important de parler des façons dont vous réagissez en tant qu'individu, en couple et en famille.

Le mythe du divorce

Le décès d'un enfant est un événement stressant. Comme tel, il peut certainement ajouter de la tension dans la relation de couple. Cependant, il existe un mythe destructeur selon lequel beaucoup, sinon la plupart des couples divorcent inévitablement après le décès d'un enfant. Le mythe est tout simplement faux. Le taux de divorce des couples qui ont connu un décès n'est pas plus élevé que celui de la population générale. Un enfant peut être mort, mais l'amour que vous avez partagé pour cet enfant demeure. Les mêmes compétences, communication ouverte, compréhension et respect mutuel, qui vous ont permis de traverser d'autres crises relationnelles peuvent également vous aider à traverser celle-ci.

Frères et sœurs

Vous avez peut-être d'autres enfants. Ils seront également affligés et comme les adultes, leur chagrin peut se manifester de différentes façons, physique, émotionnelle, cognitive, comportementale et spirituelle. Vous reconnaitrez certaines réactions comme la tristesse ou les pleurs comme celles du deuil. D'autres, comme les changements de comportement, les comportements déplacés, même les changements de champs d'intérêt ou de notes peuvent ne pas être immédiatement reconnus comme des manifestations de deuil.

Soyez attentifs

En tant que parent, il est important que vous soyez attentif à la façon dont vos autres enfants peuvent faire face au deuil. Là encore, une observation attentive et une communication ouverte sont essentielles. Si l'un des enfants commence à se comporter de manière destructrice pour lui-même ou les autres, la thérapie peut être très utile.

Même, peut-être surtout, dans le deuil, les enfants ont besoin d'amour, d'attention et de structure. Des études ont montré que le meilleur indicateur de l'issue du deuil chez les enfants est la capacité de la famille à continuer de fonctionner. Parfois, la meilleure chose que vous pouvez faire pour vos enfants est de s'assurer que vous avez l'aide dont vous avez besoin pour bien fonctionner en famille. Cette aide peut signifier une thérapie, ou peut-être même que d'autres parents ou amis vous aident avec vos enfants pendant que vous faites face à votre deuil.

Méfiez-vous de l'idéalisation

Il y a un autre problème que les frères et sœurs peuvent éprouver quand un frère ou une sœur décède. Il est naturel et facile d'idéaliser l'enfant qui est décédé. Vous entendez tant de fois le conseil « de ne retenir que les bonnes choses ». Le danger de l'idéalisation est que les enfants survivants peuvent penser qu'ils ne pourront jamais atteindre la norme ou être aimés autant que l'enfant qui est décédé. Même si vous honorez l'enfant qui est décédé, soyez sensible aux besoins continus de vos autres enfants.

Le deuil et les autres

Le décès de votre enfant affectera non seulement votre conjoint et vos enfants, mais aussi d'autres parents et amis.

• Vos parents ont perdu un petit-enfant.
• Vos frères et sœurs ont perdu une nièce ou un neveu.
• Les voisins, les entraîneurs, les professeurs et les amis font tous l'expérience d'un deuil.

Leurs propres façons de faire face à cette perte peuvent influencer leurs propres capacités à vous offrir du soutien. Certains pourraient faire preuve d'un très grand soutien, partageant leurs propres histoires de votre enfant et leur chagrin. D'autres pourraient trouver cela trop difficile et se retirer.

Remarques insensibles

Et d'autres pourraient vous troubler avec des remarques insensibles. « Soyez reconnaissants d'avoir d'autres enfants. » « Vous êtes jeunes, vous pourrez avoir un autre enfant. » Erin Linn, dans un livre merveilleux intitulé « I Know Just How You Feel: Avoiding the Clichés of Grief», suggère judicieusement de vous poser trois questions quand de tels commentaires irréfléchis vous troublent.

1. « Pourquoi est-ce que ça a fait mal? » Presque toujours, la réponse est que de tels commentaires invalident votre chagrin.
2. « Pourquoi la personne l'a-t-elle dit?» Quelle que soit l'insouciance du commentaire, la plupart du temps, l'autre personne ne sait tout simplement pas quoi dire. Cette question vous permet de reconnaître que, même si cela peut vous paraître maladroit, le commentaire était censé vous soutenir.
3. « Qu'est-ce que j'aurais dû dire »

a. Par exemple, la réponse à « Vous êtes jeune, vous pourrez avoir un autre enfant » peut être quelque chose comme « Je ne sais pas ce que l'avenir pourrait contenir, en ce moment je pleure profondément Tanya ».

b. Une réponse à « Soyez reconnaissants d'avoir d'autres enfants » pourrait être : « Je le suis, ils sont d'un grand réconfort, mais Robbie me manque terriblement. »

c. Bien qu'il soit peut-être trop tard pour répondre au commentaire, une telle réflexion vous prépare et vous donne des moyens pour l'avenir.

4. Utiliser les ressources

Livres

Dans votre deuil, vous n'avez pas besoin de vivre votre chagrin seul. Il existe plusieurs ressources pour vous aider dans votre deuil. Les livres peuvent être utiles de plusieurs façons. Ils peuvent vous rassurer que vos réactions sont naturelles. Les livres peuvent vous donner des suggestions pour gérer votre situation et entretenir l'espoir.

Les groupes d'entraide

Les groupes d'entraide sont une autre ressource qui a beaucoup à offrir. Lorsqu'un enfant décède, il est facile de se sentir seul et isolé. Les gens pourraient ne pas savoir quoi dire. Ils pourraient même vous éviter. Les interactions normales, autrefois centrées sur votre enfant, cessent maintenant. Les groupes d'entraide offrent l'occasion d'être avec d'autres parents qui ont vécu le décès d'un enfant. Ils sont un endroit sûr pour partager des sentiments, des réactions et des souvenirs et pour échanger des stratégies pour faire face à ce deuil. Les groupes d'entraide offrent également de l'espoir, car vous voyez d'autres parents qui ont vécu un deuil et qui ont trouvé la force d'aider les autres.

Aide psychologique

La thérapie est une autre source d'aide. La mort d'un enfant est intrinsèquement compliquée. Cela peut être particulièrement utile lorsque vous avez besoin d'une attention et d'une assistance plus personnelles que celles disponibles au sein d'un groupe. Si vous avez des comportements autodestructeurs tels que l'abus d'alcool ou de drogues ou si vous ne remplissez pas vos rôles critiques au travail et à la maison, il est préférable de demander une aide professionnelle.

Ressources supplémentaires

• Souvent, la maison funéraire ou la maison de soin de votre région aura des informations sur les groupes d'entraide et les thérapeutes spécialisés dans le deuil près de chez vous.
• Certaines maisons funéraires peuvent même avoir des bibliothèques à propos du deuil ou des services de suivi tels que des groupes d'entraide liés au deuil ou des conférences d'information.
• « The Compassionate Friends » est un groupe de soutien national pour les parents qui ont vécu le décès d'un enfant. Plusieurs de leurs chapitres ont aussi des programmes pour les frères et soeurs. Les chapitres de chaque région peuvent aussi être une source de référence vers des thérapeutes que les membres trouvent bons.
• L'« Association for Death Education and Counseling » offre aussi des noms de conseillers spécialisés dans la gestion du deuil pratiquant dans votre région.
Comme avec d'autres professionnels, vous devrez peut-être essayer quelques groupes ou thérapeutes afin de trouver la ressource avec laquelle vous êtes le plus à l'aise et celle qui répond le mieux à vos besoins.

5. Transformer le chagrin

Vous n'aviez pas le choix à propos du décès de votre enfant. Vous n'avez pas de choix à propos de votre deuil. Ce deuil est le résultat de votre attachement à votre enfant et de l'amour que vous ressentiez pour lui.

Vous avez des choix dans votre chagrin. Vous pourriez choisir de vivre votre vie en deuil perpétuel pour votre enfant. Ou, aussi difficile que cela puisse paraître plus tard et en ce moment, vous pouvez choisir de vivre une vie maintenant différente, mais de la vivre pleinement, en gardant vivante la mémoire de votre enfant et les leçons que, peu importe la durée de sa vie, vous avez apprises de lui. Vivre votre vie de cette façon sera un hommage à votre enfant.

À propos de l'auteur

Dr Kenneth J. Doka est professeur de gérontologie à la « Graduate School of The College of New Rochelle » et conseiller supérieur à l'« Hospice Foundation of America ». Auteur prolifique, le Dr Doka a écrit 24 livres, publié plus de 100 articles et chapitres de livres et est rédacteur en chef d'un journal et d'une infolettre sur les thèmes du deuil et du chagrin.

Dr Doka a été élu président de l'« Association for Death Education and Counseling » en 1993. En 1995, il a été élu comme membre du conseil de l'« International Work Group on Dying, Death and Bereavement » et il en a été le président de 1997 à 1999. L'« Association for Death Education and Counseling » lui a remis un prix pour ses contributions hors pair dans le domaine de la formation à propos du deuil en 1998. En 2000, Scott and White lui a remis un prix pour ses contributions hors pair à « Thanatology and Hospice ». Son alma mater, Concordia College, lui a remis le premier « Distinguished Alumnus Award ». En 2006, Dr Doka a été reconnu conseiller en santé mentale avec permis d'exercice de la première brigade de conseillers de l'État de New York.

Dr Doka a présenté des conférences d'ouverture à travers l'Amérique du Nord ainsi qu'en Europe, en Asie, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il participe à la téléconférence annuelle de l'« Hospice Foundation of America » et il a fait des apparitions à CNN et à Nightline. De plus, il a été consultant pour des organisations dans le domaine médical, des soins infirmiers, des services funéraires et des maisons de soins ainsi que pour des entreprises et des organismes en services sociaux. Dr Doka est un ministre du culte luthérien.