

I think about fire – and how I don’t ever want to see one again. But then I remember Baba loved making fires, with dziadzio, and all the kids, at the cottage – where we would eat countless marshmallows and be too excited to sleep until very late hours – probably to our tired parents great disarray.
How could this have happened? Did I remember to call her? Did I call her Tuesday night? Why didn’t I go see her the Sunday before? Have I watched the links she sent me in her emails? Did I share them with Delfina like she wanted me to? Can I find her in the objects around me?
Where is she?
At some point I started crying because I couldn’t find her. The magnitude of having lost her was ever present in the lack of places in which I could find her in my home. Grief is absurd sometimes…
A few days later, I came to the conclusion that it was silly or absurd of me to look for her in things and places. I looked for a poem to match my mood and I found this one: ‘where do people go when they die? Down below or in the sky? I don’T know, said grandad. But it seems they simply set up a home inside our dreams’
And since then I have stuck with that. She feels less like an absence, and more like a warm presence, somewhere. Ever present – not gone.
She was such an important pilar of our family.
It has been a little over a week now that Baba has left us and still when someone calls me in the middle of a work meeting, I habitually verify if it’s a call from Baba – expecting a new story, a question about the kids, a new suggestion of an activity…Alexander would always tease me (or scold me, however you prefer seeing it) that if BABA called, I answered after the first ring – but for him, I’d often let it go to voicemail. Poor Alexander.
Baba had the ability to make you feel heard, and understood. She was always interested in everybody’s lives – and always had suggestions and ideas of how to cultivate them. She was a great teacher – of values, of etiquette, of love.
I remember sitting at her table as a kid and she put napkins under our armpits and books on our heads – to make sure we would eat properly. These little things mattered so much. Yet, she also let you rest and be laid back when necessary. She knew when it was time for what.
She had a way of discerning a situation and adapting her words and maneurisms – so you KNEW what she was saying, without her really saying it. Sometimes she would blatantly say what she thought too. It could go both ways, really.
To describe her, I always refer to Downton Abbey – the grandmother in the show IS very similar to Baba – with her quirky remarks and whatnot.
I could always count on Baba to be there for me. She never let me feel alone.
She said no matter what Emilka, I am your grandmother and I will always love you.
And I felt it, everyday.
She loved her friends, her family – everybody is a cousin but I’m not quite sure I can explain how – she had the ability to make me feel like her friends were my friends.
She always found something good to say about anybody she met. She did not focus on the negatives.
She often spoke to me of her father, her mother, dziadzio, the war. She sensibilized me to history, and its importance. Religion, and its support.
I often turned to her for advice – because it was truly priceless.
I find myself wondering now, did I listen enough? Did I ask all the questions I could? Did I miss something? Who do I turn to now?
And I know, she would reassure me. She knew what to say, when to say it, and how to say it – effortlessly.
Baba was like a mom to me. I will forever hold her in my heart, in my mind.
And I hope I can be just a little bit more like her to those around me
Eulogie à la mémoire de Jadwiga Mellerowicz Urbanska
Bonjour,
J’ai écrit et réécrit ce texte plusieurs fois, dans ma tête et sur papier. Comment exprimer la quintessence de la vie de ma mère en quelques mots? Les paroles seront toujours moins éloquentes que sa présence. Depuis le décès de mon père j’ai passé de plus en plus de temps avec ma mère. De là, ce texte sera un peu plus personnel
Je voudrais tout d’abord remercier vous tous assemblés ici pour rendre un dernier service à ma mère : prier pour le pardon de ses péchés et la paix de son âme et rendre son corps à la terre, cette terre accueillante et nourricière, ici-bas qu’elle aimait tant.
St. Paul, dans sa lettre aux Hébreux, nous enjoint de faire un sacrifice de louanges en chaque circonstance. C’est ce que je vais essayer de faire.
Je ne peux célébrer la vie de ma mère sans célébrer avant tout sa foi, sa foi qu’à la mort la vie est changée mais n’est pas enlevée.
Les paroles du premier hymne, chanté par les moniales du choeur de Ste-Elizabeth, étaient : Gloire à Dieu pour tout, Gloire à Dieu pour la tristesse comme pour la joie. C’est une autre façon d’affirmer que le Ciel fait bien ce qu’il fait puisque seul Dieu est bon.
Je commence par un petit résumé de sa vie.
Ma mère venait d’une famille des propriétaires terriens près de Kalisz, ville située près de Poznan. Lorsque la Pologne fut envahie par l’Union Soviétique et l’Allemagne Nazie ils perdirent tout. Son père fut dénoncé comme avocat et termina sa vie dans le pire des camps de concentration en Autriche, le Mathausen-Gusen. Avec sa sœur et sa mère elle dut se cacher; elles déménagèrent 35 fois durant la guerre et ont survécu grâce à l’aide d’amis, de leur famille éloignée et la grâce de Dieu. Ces expériences ont marqué de façon profonde le reste de sa vie.
Refusée en médecine à cause de ses origines elle fit des études en physiothérapie; elle perdit sa mère à 19 ans, se maria à 20 ans et eut 2 enfants.
En 1961 elle émigra au Canada grâce à sa sœur Maryla et sa cousine Janeczka. Elle reprit ses études et finit d’élever ses enfants (bien qu’en vérité c’est une tâche de mère qui ne finit jamais).
Elle s’impliqua dans des activités communautaires, dont les Comité d’aide aux enfants polonais et autres; elle fit aussi des missions pour les ONG au Guatemala, au Sénégal, en Arménie, en Crimée et j’en oublie peut-être. C’était difficile de la suivre.
Elle avait une grande énergie, beaucoup de curiosité et aimait s’impliquer partout où on avait besoin d’aide, on pourrait dire partout tout court. Et avec de la ténacité. Elle se demandait toujours : ‘qu’est-ce qu’on peut faire’. Elle n’aimait pas la recherche de confort et de futilités. Dans toutes ses interventions elle voulait aller jusqu’au bout du possible. L’internet multiplia ses capacités de communication. Elle n’a jamais passé une journée sans faire 4-5 téléphones ou écrire des lettres. Je crois que pour vous tous qui l’avaient connu, je n’ai pas besoin d’en dire plus.
Après sa retraite elle s’impliqua beaucoup auprès de ses petits-enfants, puis de ses arrière-petits-enfants, toujours émerveillée par les petits bébés.
Il y a 8 ans elle dut se résigner au départ de mon père, puis l’abandon de sa maison et au déménagement dans un apartement. Elle voulait rester autonome le plus longtemps possible. Il fallut une fracture de hanche mal guérie et le covid pour limiter ses déplacements. Les marches d’escalier devinrent son nouveau défi, à elle qui aimait voyager et grimper les montagnes.
De façon inattendue un incendie se déclara la nuit dans son salon et lorsqu’elle en prit connaissance le salon était rempli de fumée brûlante qui la renversa et brûla ses voies respiratoires. Elle succomba à ces blessures après 6 jours aux SI des Grands Brûlés.
Il était difficile pendant ces 6 jours de ne pas se poser de questions comme pourquoi un incendie? pourquoi elle? pourquoi maintenant? Elle avait des projets de voyage, de visites, de lectures. Les réponses n’étaient pas loin : Ma mère était abonnée à une application ou une lettre qui s’appelle l’Évangile au quotidien. J’ai pu le lire sur son ipad. Le jour de son hospitalisation le texte était : « Maintenant, Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix ». Le jour où l’on cessa le traitement actif, il y avait la litanie de la Miséricorde divine, composée par Ste-Faustine, une sainte polonaise du 20ème siècle qui a répandu le tableau qui nous accompagne et que ma mère aimait particulièrement. Et la 2 ligne était : Miséricorde divine, qui nous enveloppes particulièrement à l'heure de notre mort, j'ai confiance en toi.
Le pape Benoit disait : « Comment pouvons-nous discerner la voix de Dieu parmi les mille voix que nous entendons chaque jour dans notre monde ? Je dirais que Dieu nous parle de très nombreuses façons. Il nous parle au moyen d'autres personnes, à travers nos amis, nos parents... Il parle à travers les événements de notre vie, dans lesquels nous pouvons discerner un geste de Dieu. ... Il parle surtout, dans sa parole, dans l'Écriture sainte, ... qu’il faut lire d’une façon très personnelle, non pas comme un document du passé, mais comme la parole vivante de Dieu. Saint Augustin, dans ses homélies, dit souvent : « J'ai frappé plusieurs fois à la porte de cette parole, jusqu'à ce que je puisse entendre ce que Dieu me disait.
Ces coïncidences, comme diraient certains, je dirais plutôt des clins d’oeil du Ciel, étaient porteurs d’une paix et d’une confiance immuable. J’ajouterais, connaissant l’attachement de ma mère à sa famille, ses amis et la vie, que de voir se briser tous ces liens, lors d’une longue maladie aurait été encore plus éprouvant pour elle. Le Ciel fait bien ce qu’il fait.
Deux dernières remarques :
D’abord, ma mère tenait beaucoup à la mémoire, mémoire des ancêtres, mémoire du passé. Elle savait que nous leur devons beaucoup à ceux qui nous ont précédé et qu’on leur doit reconnaissance. Elle savait aussi que nos actions, nos vies vont avoir un retentissement sur nos descendants. Ceci est conforme à ce qu’on lit dans le Deutéronome, le 5ème livre de la Bible, Devarim ou paroles en hébreu, “Je suis un Dieu qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements.” Et aussi “je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent.”1
Mille générations, c’est une façon de dire toute l’humanité. Nous sommes tous unis et comme quelqu’un a dit : nous ne nous sauverons pas les uns sans les autres. Nos épreuves sont injustes seulement en apparence et elles soutiennent ceux qui nous ont précédé et ceux qui nous suivront.
Ensuite, quand le Ciel nous prive d’un être cher, ne négligeons pas de faire notre examen de conscience et de nous demander si nous avons bien répondu à l’amour qu’elle nous a prodigué. Le prêtre -poète Twardowski écrivait: Dépechons nous d’aimer les gens, ils nous quittent si vite. Nous n’aimons jamais assez, et toujours trop tard. Ma mère semait son amour à tout vent. Plus elle dépensait son amour, plus elle en avait. Elle n’était pas parfaite : j’ai trouvé dans ses papiers un mot qui disait : « Si vous avez quelque chose à me reprocher c’est maintenant le temps de me le pardonner. » Ma mère vous aimait et vous aime tous !
Son héritage, c’est qu’elle a fait siennes ces paroles qui, au-delà des rites et des croyances, résument tout l’Évangile : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » et que je vous laisse écouter en chanson.
Merci pour votre patience.
Pour Jadwiga Mellerowicz Urbańska, ou plutôt, pour notre très chère Baba d’amour.
Depuis plus d’une semaine, j’ai de la difficulté à écrire ce texte en honneur de Baba
D’un côté parce que le tout est difficile pour moi d’accepter, et d’un autre parce que je ne pensais pas pouvoir écrire un texte à la hauteur de cette femme extraordinaire qui a marqué toutes nos vies.Mais me voici, je me lance à tenter ça…
À 93 ans, Baba continuait d’être un symbole de force et de résilience, mais aussi d’amour et de bonté.
J’ai toujours dit à Baba que j’étais chanceuse d’être sa petite fille, puisqu’elle m’inspire à apprendre, à être forte, à être indépendante…mais aussi à être une personne présente pour ma famille et tous mes amis.
En effet, je ne crois pas connaître quelqu’un d’autre avec plus d’amis que notre chère Jadwiga. Que ce soit à Montréal, en Pologne, aux États-Unis, en Australie ou peu importe dans le monde…les chances sont que Baba connaissait quelqu’un et était très appréciée en retour. Souvent, quand j’essayais de l’appeler pour prendre de ses nouvelles, elle était déjà sur une autre ligne avec des amis en Europe! C’est pour cela que nous sommes aussi nombreux rassemblés aujourd’hui pour célébrer la merveilleuse vie qu’elle a mené. So, thank you baba for being a Social Butterfly, introducing us to so many wonderful people & thank you for clearly sharing that quality with me…
En plus d’être l’amie de plusieurs centaines de personnes à travers le monde, elle était une épouse, une sœur, une maman et pour moi une baba incroyable. J’ai toujours admiré sa complicité avec son époux, mon Dziadzio et son amour infini pour lui. Une pensée qui me réconforte dans toute ma tristesse, c’est de savoir que vous êtes maintenant finalement réunis avec l’amour de votre vie.
Dans sa vie professionnelle, Baba fut physio, mais elle fut beaucoup plus dans la vie de tous ses proches, parce que Baba était dévouée et n’abandonnait jamais! Peu importe la situation!
Elle n’a pas abandonné malgré les nombreux périples de sa jeunesse pendant la guerre, elle n’a pas abandonné quand il fallut qu’elle quitte sa Pologne adorée, elle n’a pas abandonné de faire des liens et de connecter avec des personnes de la famille ou même des amis de la guerre, elle n’a pas abandonnée même lorsqu’elle était blessée à la hanche en plein milieu de la pandémie et finalement dans sa vie de tous les jours, ce que j’admire le plus c’est qu’elle n’a jamais cessé d’apprendre!
Peu importe son âge, elle a toujours eu une soif d’apprendre…déjà assez avancé dans ses apprentissages technologiques …Baba était une femme des années 1920 qui connaissait bien comment utiliser la technologie des années 2020! International calls, emails, Facetime, Facebook, Whatsapp and even LinkedIn, this woman always found new ways to stay connected with those she loved. Baba, I hope you know that even though we can’t see each other, call each other or email each other anymore, I will always be connected to you and you to me. You had a 6th sense and I truly believe it will always keep us close.
Baba, bien que cet appartement soit maintenant teinté de cette tragédie, j’en garde quand même de très bons souvenirs des moments que nous y avons passé ensemble vous et moi. À se préparer à souper…pour en fait juste boire du vin et manger des desserts… ou encore quand je vous racontais des histoires de ma vie… pendant que vous me racontiez pleins d’histoire de votre jeunesse, votre histoire d’amour avec Dziadzio et votre vie palpitante en général. Vous êtes pour moi un grand symbole de sagesse.
Merci de m’avoir écouté Baba et merci de m’avoir inspiré à être meilleure. Je m’ennuierai beaucoup de tout ça, et j’aimerais pouvoir venir vous voir une dernière fois.
I have felt so much pain and so much sadness after losing you the way we did, I pray and hope to heal, but the reality is I don’t think I’ll ever stop feeling pain towards this situation. The only thing I can do, is try & transform all this sadness and pain into something good. Something to honor the beautiful life you lived Baba. I promise to always love, to learn, to forgive and to be there for those who need me. Thank you, Baba, for all the beautiful memories, the laughs and the wonderful values you shared with me.
J’aimerais finir avec un mot pour mon papa, le fils adoré de ma Baba.
Merci d’avoir toujours été là pour elle, et pour nous. Merci d’être un exemple remarquable. Ton amour et ton dévouement pour ta maman m’a toujours inspiré et, je crois que Baba jugerait important d’en faire mention aujourd’hui. car toutes tes attentions n’ont jamais été inaperçues et je sais qu’elle en est reconnaissante pour toujours.
Koçam cie xxxxx
Paulinka
2023
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C’est avec tristesse que nous vous avisons du décès de Mme Jadwiga Mellerowicz, épouse de feu Wieslaw Urbański (13.02.2015), survenu le 7.02.2023. Elle laisse dans le deuil ses fils : Christopher (Joyce), Pierre (Danielle), ses petits enfants : Emmanuel (Laura), Emily (Alexander), Gabrielle, Julien, Pierre-Alexandre (Sélina), Pauline, Jean-Thomas, et ses arrière-petits-enfants : Delfina, Kate et Elliott.
La famille recevra les condoléances à la Résidence funéraire Collins Clarke MacGillivray White de Pointe-Claire (222 Autoroute 20, H9S 3Y5) le jeudi 16 février 2023 de 18h à 21h et de 10h30 à 12h vendredi le 17 février. Un service funéraire aura lieu à 12h au même endroit, suivi d’inhumation aux Jardins Commémoratifs Lakeview et d’un goûter à la maison funéraire.
Nous tenons à remercier l’équipe de l’Unité des Grands Brûlés du CHUM pour leurs soins affables et dévoués. Vos témoignages de sympathie peuvent aussi se traduire par un don à la fondation du CHUM (fondationduchum.com).
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