

Dans le St-Henri d'autrefois est née Alice Carmen Lauzon. Petite dernière de la belle famille d'Émery et Lucienne, elle va rejoindre une joyeuse ribambelle de filles avec qui elle partagera son quotidien. C'est dans la musique qu'elle grandit. Chez les Lauzon, le soir après le souper, Émery s'assoit pour lire le journal dans son fauteuil et les filles se mettent au piano, chantant les airs à la mode et le répertoire de La Bonne Chanson. Carmen en profite pour suivre le rythme en dansant. Elle apprend par elle-même à jouer en regardant sa mère glisser ses doigts sur le clavier. À 7 ans, elle entre à l'école au Pensionnat de L'Ange-Gardien, où une sœur remarque son intérêt pour le piano et lui fait suivre des leçons.
La vie s'écoule doucement entre l'appartement de St-Henri, à dévaler la rue St-Augustin en patins à roulettes, à jouer avec Joe le petit voisin et les étés au chalet de l'Île Pierrot. Les sœurs Lauzon en profitent pour rouler à bicyclette, se baigner et pêcher dans le lac St-Louis en compagnie de leur père.
Elle devient pensionnaire au pensionnat de Vaudreuil à l'âge de 10 ans. Elle occupe le même dortoir que ses grandes sœurs Denise et Rachel et y fait de brillantes études.
À l'adolescence, elle fréquente les concerts en plein air à Ste-Anne-de-Bellevue et lit les romans de Berthe Bernage. Elle fréquente le cercle des jeunes de St-Henri et suis des cours d'anglais au Collège O'Sullivan avec Denise. Après les cours, elles terminent la soirée au cinéma Loews de la rue Ste-Catherine et visionnent le film de fin de soirée. Elle se passionne pour la danse, le ballet et le flamenco, qu'elle pratiquera plus tard.
Elle termine ses études et ne tarde pas à travailler auprès de son père qui a un commerce d'animaux vivants. Elle rencontre Bernard, son futur époux lors d'une partie de cartes et l'invite à l'accompagner au mariage de sa sœur Denise. Ils ne se quitteront plus et s'épousent un an plus tard, le jour de ses vingt ans.
Ainsi commence sa vie auprès de Bernard en tant que commerçante à la Tabagie J. Chartier, où ils transforment l'arrière-boutique en logement. Cette grande aventure sera celle d'une vie puisqu'elle fermera le commerce 53 ans plus tard. Durant ces années, elle concrétise un projet : celui d'ouvrir une boutique d'artisanat avec sa sœur Denise la Boutique Faitou. C'est la grande époque du macramé, du tricot et du petit-point. Leurs familles donnent un coup de main et animent des ateliers les jeudis soirs.
La famille s'agrandit avec l'arrivée de Lise, Sylvie, Céline et Anne-Marie. Du logement de St-Henri, la maisonnée change de quartier et s'installe à Ville-Émard avant de s'établir définitivement à Brossard en 1962, alors que le boulevard Taschereau est bordé de champs et que le pont Champlain n'est pas construit !
La vie est belle et bonne. Carmen qui aime tant les voyages visite les Bermudes, Hawaï, la Grèce, l'Italie, sans parler de ses nombreux séjours en famille à Stowe qui ont peuplé les souvenirs d'enfance de ses filles.
Le temps passe et elle devient grand-mère de neuf petits-enfants : Mélanie, Benjamin, Geneviève, Ines, Miguel, Maude, Léanne, Raphaëlle, Romy et de trois arrière-petits-enfants : Mathis, Louis-Simon et Lili-Rose, qui sont sa fierté.
Elle aimait beaucoup les fleurs et le jardinage. Elle veillait à ce que son terrain soit toujours entretenu avec soin et bien fleuri. Elle y plantait à chaque année des impatientes, des mary gold, des st-joseph et des bégonias. Elle aimait s'asseoir à l'extérieur et admirer cette beauté qui s'offrait à elle.
Les antiquités et la généalogie l'intéressaient beaucoup. Carmen et sa fille Sylvie ont fait un travail de recherche de plusieurs années. Elles ont fouillé les archives et ont établi la filiation des familles Côté, Lauzon, Geoffrion et Allaire. (...). Le tout documenté de photos et de copies d'actes et de registre. Un vrai travail de moine.
Carmen a été une femme dévouée à sa famille. Elle était toujours présente pour aider ses proches. Sa porte était toujours ouverte pour accueillir ceux qui s'y présentaient. Elle a su relever les défis de la vie avec courage et persévérance. Elle a su montrer à ses enfants la valeur du travail et de la résilience. Pour tous les moments qu'elle a su créer, pour l'amour qu'elle a donné, pour les valeurs qu'elle a transmises, nous lui disons aujourd'hui MERCI !
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v.1.18.0