

Épouse de feu Pierre Vadeboncoeur (1920-2010), Marie laisse dans le deuil ses cinq enfants, Hélène (Steve), André, Rachel (Bob), François et Alain (Ginette), ses petits-enfants Nicholas (Natalia), Isabelle (William), Daniel, Maude et Anaïs (Ludo) et ses arrière-petits-enfants Mica, Elisa, Pierre-William et Alexander, de même que feu Manu, ainsi que ses neveux et petits-neveux, nièces et petites-nièces et ami.es.
Fille d’Alice Laroque, violoniste, et du docteur Hector Gaboury, Marie voit le jour en 1920 à Alfred, en Ontario, suivant son frère ainé, Laurent et suivie de Françoise et Gertrude. La famille déménage ensuite à Plantagenêt dans le comté voisin afin que les enfants puissent y fréquenter l’école laïque. Très indépendante, elle quitte le foyer familial avant ses 20 ans pour habiter, contre l’avis de son père, dans un minuscule village dans la région de Sudbury. Elle y enseigne en français alors que les autorités cherchent sans succès à la contraindre à utiliser l’anglais, comme le prévoit la loi.
Un jour, un inspecteur d'école passe par la petite école de ma mère où il n'y a qu'une classe. Ce colosse unilingue anglophone s’assoit au fond de la classe de cette enseignante rebelle de 45 kilos. Toute la journée, elle enseigne en français à sa barbe, il ne comprend d'ailleurs rien. Dans son rapport, il écrit: "It's not that she can't, it's that she doesn't want to." Ma mère est en effet à l'époque parfaite bilingue. Quelques mois plus tard, elle remet sa démission.
Après un bac par correspondance à l’Université d’Ottawa réalisé pendant qu'elle enseignait, elle choisit d’étudier le travail social à l’Université Laval, dans la nouvelle faculté de sciences sociales dirigée par le sociologue Georges-Henri Lévesque. Elle rencontre ensuite à Montréal l’écrivain et futur syndicaliste Pierre Vadeboncoeur en 1947 avec qui elle se marie en 1949 à l’insu de ses parents. Après avoir élevé ses cinq enfants, elle opte à 50 ans de retourner oeuvrer comme travailleuse sociale, à l’hôpital Jean-Talon puis à l’hôpital Sainte-Jeanne d’Arc, où elle tient souvent tête aux médecins des unités. Elle pratique ce métier qui la passionne durant 20 ans et prend sa retraite à l’aube de ses 70 ans.
Elle passe ensuite beaucoup de temps avec Pierre au lac Nominingue dans le chalet qu’elle s’est acheté contre l’avis de son mari évidemment et voyage aussi beaucoup avec lui. Elle le perd cependant avec douleur après 60 ans de vie amoureuse en 2010. Après son deuil, elle renoue avec une vie fort active, marchant tous les jours, lisant énormément, nageant au chalet et menant toujours une foule de projets de front. Elle conduit (un peu vite) sa voiture jusqu’à ses 95 ans, quand elle (la voiture) rend l’âme. À 100 ans, n’ayant jamais été malade, elle s’essouffle plus que de coutume sur son kayak et consulte à l’Institut de cardiologie, où un problème d’arythmie est diagnostiqué. L’arythmie contrôlée, elle récupère et reprend ses activités.
C’est à 103 ans, le 10 février 2024, qu’une chute dans son condo se solde par une fracture de l’épaule. Hospitalisée pour la première fois depuis l’accouchement de son dernier-né en 1963, elle est transférée à l’IUGM en réhabilitation, où elle guérit de sa fracture et reprend graduellement des forces. Elle y participe aussi avec plaisir, ayant aimé la musique et la danse toute sa vie, à l’étonnant groupe de danse thérapeutique fondé par le très sympathique ergothérapeute Kami Sarimanukoglu.
Déterminée, elle convainc au fil de son séjour l’aimable et compétente Dre Myriam Sylvestre de la laisser se débrouiller seule. Le respect de l’autonomie étant au cœur de la philosophie des soins, l’équipe et la famille honorent cette décision, malgré le risque de chute. Dix jours avant son décès, elle parcourt encore les couloirs de l’unité au volant de sa marchette et feuillette des encyclopédies pour passer le temps, tout en échangeant avec animation avec ses nombreux visiteurs. Le 12 juillet, une nouvelle chute lui fracture malheureusement la hanche et elle choisit une dernière fois son destin en optant pour les soins palliatifs. Elle expire paisiblement, entourée d’amour et de respect, la nuit du 18 juillet.
Nous tenons à souligner la qualité exceptionnelle des soins reçus à l’unité de réadaptation de l’IUGM durant ces cinq mois et toute l’humanité et le professionnalisme de l’équipe, très attentionnée à ses besoins et respectant avec beaucoup de doigté son souhait profond d’autonomie. Nous remercions avec toute notre gratitude les médecins, infirmières, préposées, ergothérapeutes, physiothérapeutes, nutritionnistes et pharmaciens qui lui ont offert, jour après jour, leur aide, leur support, leurs avis et leur réconfort.
En plus d’une douce pensée pour Marie, nous vous invitons à effectuer un don en son nom à la Fondation de l’IUGM, si vous le pouvez, en utilisant le lien suivant :
https://www.jedonneenligne.org/fondationigm/DIM/
Les montants recueillis seront utilisés pour appuyer la mission si importante de l’IUGM auprès des personnes âgées et en particulier la recherche sur les effets de danse thérapeutique de groupe en réadaptation gériatrique.
Nous remercions une dernière fois tous ceux et celles qui l’ont croisé au cours de sa longue et riche vie. Une cérémonie privée aura lieu pour souligner sa mémoire avec famille et proches amis. La photo jointe a été prise en mars 2023 pour illustrer un livre publié sur la grande famille Gaboury d’Amérique du Nord dont elle était la doyenne.
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v.1.18.0