

1945-2016
BIOGRAPHIE D’UN HOMME DÉVOUÉ ET ENGAGÉ
Michel Savard est né le 1er janvier 1945 à Québec. Il était le fils de Léopold Savard, policier à la Sûreté du Québec, et d’Irène Gagné, couturière à la Dominion Corset.
Michel était le 3e d’une famille de 4 enfants. Il avait une sœur, Claudette, de 3 ans son aînée, puis un frère, Laurent, de 2 ans son cadet. Il n’a malheureusement jamais connu son grand frère Jean-Pierre qui est décédé à l’âge de 3 semaines, des suites d’une pneumonie.
En 1971, il s’est marié à Solange Beaulieu. Il était aussi père de 2 enfants et grand-père de 6, bientôt 7 petits-enfants : Marie-Pierre (Léopold, Henri-Pierre, Rose-Alice et Charles-André) et Jean-Philippe (Flavie, Émile et petit-fils à venir en septembre 2016).
Michel a fréquenté les meilleures écoles privées de Québec : Saint-Louis-de-Gonzague au primaire, puis, Le Petit Séminaire de Québec, afin de compléter son cours classique. Il a ensuite poursuivi ses études en droit à l’Université Laval et a terminé son barreau en 1972.
Ses compétences professionnelles l’ont d’abord mené aux Petites Créances à Ste-Germaine de Dorchester, puis, au Ministère de la Justice où il a travaillé à la Protection du Consommateur. Il a ensuite travaillé au sein de différentes équipes de la Commission de la Santé et Sécurité au Travail (CSST), soit aux services juridiques, au service de la formation et de l’expertise ainsi qu’au soutien à l’imputation de la Direction du financement.
Michel fut toujours très impliqué au sein de sa communauté. En plus de son travail de bénévole au Bureau du Parti Québécois en tant qu’organisateur pour le Lac-Saint-Charles dans les années 80, il fut marguiller pendant 7 ans pour la paroisse Bon-Pasteur. Sa plus récente fierté, en tant que marguiller, était la signature du contrat de vente du terrain de l'église de Lac-Saint-Charles, en plus du terrain et du presbytère d’Orsainville (pour lequel il aimait raconter, être allé chercher 0,6 million de dollars supplémentaires pour sa paroisse).
Sa grande foi chrétienne, était au cœur de sa vie depuis toujours. Il était d’ailleurs impliqué, depuis plusieurs années, dans une multitude de comités de préparation aux sacrements, de catéchèse et de liturgie, en plus d’être associé aux Pères du Très-Saint-Sacrement.
Michel est décédé subitement le samedi 9 avril 2016, à l’âge de 71 ans, entouré de ses proches à l’hôpital Saint-François d’Assise, à Québec. Il a succombé à une rupture d’anévrisme au cerveau, causant un accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique.
DATES MARQUANTES
1945 1er janvier Naissance de Michel
1967 Rencontre de sa future épouse : Solange Beaulieu
1971 24 juillet Mariage avec Solange (fille de Léopold E. Beaulieu et Ursule Turgeon)
1972 Obtention de son certificat d’aptitude à exercer la profession d’avocat
1980 7 juillet Naissance de sa fille : Marie-Pierre Beaulieu-Savard
1982 12 juin Naissance de son fils : Jean-Philippe Beaulieu-Savard
1987 30 novembre Décès de sa mère : Irène Gagné*1 (suite à un AVC, à l’âge de 70 ans)
2003 30 janvier Décès de son père : Léopold Savard*2 (suite à un AVC, à l’âge de 86 ans)
2005 21 juin Décès de son frère : Laurent Savard (suite à un AVC, à l’âge de 58 ans)
2012 22 novembre Naissance de sa petite-fille : Flavie Savard
2013 15 février Naissance de son petit-fils : Léopold Morin-Savard
2014 10 juin Naissance de ses petits-enfants : Henri-Pierre et Rose-Alice Morin-Savard
2014 27 novembre Naissance de son petit-fils : Émile Savard
2015 1er novembre Naissance de son petit-fils : Charles-André Morin-Savard
2016 7 avril Rupture d’anévrisme causant un AVC hémorragique
2016 9 avril Décès à l’hôpital Saint-François d’Assise (13h15)
*1 Irène Gagné : Au cours des dernières années de sa vie, Irène fut très malade. Elle a, entre autres, été victime d’une embolie pulmonaire, d’une insuffisance cardiaque (pace maker) et d’une paralysie partielle suite à un AVC.
*2 Léopold Savard : Au cours des dernières années de sa vie, Léopold était atteint par la maladie de Pick, aussi appelée démence du lobe frontal. Cette maladie qui ressemble à l’Alzheimer est neurodégénérative et touche principalement le lobe frontal et le lobe temporal du cerveau, qui sont associés à la personnalité et au comportement.
SON HISTOIRE
Portrait d’un homme de cœur
Michel était un homme de cœur, un homme de foi, un homme de passion. C’était un sensible qui avait une oreille attentive pour les intérêts et aspirations de chacun. Il accueillait avec égard la personne nouvelle, discutait de clergé avec l’un, de musique avec l’autre ou prenait soin d’écrire un mot pour celui qui vivait un moment particulier. Il avait un immense respect et une grande ouverture pour les autres. C’était un homme généreux, dévoué, débordant de bonté, qui ne jugeait pas ses semblables. Dans les passes difficiles, il savait appuyer et encourager. Lors de conflits, il savait construire des ponts entre les différents points de vue que partageaient les parties moins conciliantes. Sa bonne humeur contagieuse et son sens de l’humour en désamorçaient plus d’un. Il a su faire énormément de bien autour de lui.
Michel était aussi un homme de parole, engagé, fidèle à ses convictions, à ses croyances et à sa famille. Il savait se tenir debout et se relever lorsqu’il trébuchait. Il était extrêmement positif et souriant. Il savait mordre dans la vie et profiter pleinement de chaque instant. Il faisait preuve d’une intensité exceptionnelle dans tout ce qu’il entreprenait. De plus, il n’a jamais cessé de s’émouvoir devant la beauté des petites choses.
Michel était un homme érudit et cultivé. Autodidacte, il s’intéressait à tout : la politique, l’histoire, la littérature, la culture… Son sens de l’analyse, sa façon particulière de scruter les moindres détails, sa curiosité sans borne et sa mémoire phénoménale faisaient de lui, une source de références inépuisable. L’étendue de son savoir l’avait transformé en réelle encyclopédie vivante! Son insatiable soif d’apprendre, il a su la transmettre à ses enfants. Il était toujours tellement heureux de partager le fruit de ses recherches et de ses récentes découvertes. Les longues discussions partagées avec lui étaient sans cesse étonnantes et enrichissantes.
Michel était aussi un homme fier. Fier de « son pays », le Québec, fier de sa belle langue française qui regorgeait de subtilités. Il était fier de sa communauté, fier de son épouse, fier de ses enfants et fier de ses petits-enfants. Il adorait taquiner et raconter avec beaucoup d’amour, à quiconque lui prêtait une oreille attentive, de multiples anecdotes concernant les succès et aléas des membres de sa famille.
Tous ceux qui ont côtoyé Michel se sont enrichis à son contact. Pas seulement grâce à ses nombreuses connaissances, mais parce qu’il prenait toujours le temps de bien faire les choses et qu’il faisait preuve d’une grande humanité. Michel était un homme de cœur, un homme bienveillant, dont toutes les actions étaient animées par le pardon et l’amour.
Les lieux où il a vécu
Au cours de sa vie, Michel est déménagé à quelques reprises. Tout jeune, il habitait à Québec, sur la rue Dollard, puis sur la rue Saint-Vallier. Suite à un transfert offert à son père Léopold pour travailler comme policier-enquêteur, Michel a vécu 3 ans à Roberval au Lac-Saint-Jean. Il a ensuite fait ses valises pour aller vivre à Orsainville, puis à Lac-Saint-Charles, au presbytère dans lequel sa mère Irène travaillait comme coordonnatrice de l’entretien intérieur, à l’invitation de l’oncle et curé Lomer Gagné. Puis, dans les années 60, Michel a vécu quelques années à l’Ancienne-Lorette dans une maison située au 1425 rue Bellevue, suite à l’obtention du nouvel emploi de son père Léopold, comme chef de police de cette même ville.
C’est après avoir rencontré Solange que Michel a décidé de ne plus jamais quitter le Lac-Saint-Charles. Grâce à son union avec sa douce moitié, c’était devenu SON patelin, SA ville, dont il était si fier et dans laquelle il aimait tant s’impliquer. Suite à son mariage, il a habité, pendant 9 ans, un petit appartement situé au 1012, Avenue du Lac-St-Charles. Puis, à partir de 1980, le couple a fait construire une grande maison canadienne sise au 547, rue du Lac-Fripon. Michel adorait cette propriété chaleureuse, entre autres, à cause de son superbe foyer de pierres et de sa volute qui ornait l’escalier en colimaçon qui menait au 2e étage. Mais ce qu’il préférait de cette maison, c’était son accès direct à la forêt et à la clairière. Le magnifique sous-bois regorgeait d’arbres variés, d’une multitude de fleurs sauvages et d’une grande diversité de petits fruits (ses préférés étant les petites cerises amères dont il prenait plaisir à cracher les noyaux… le plus loin possible).
Michel, homme de passion
Michel était un homme de passion. Il mordait dans la vie avec une extrême intensité. Il n’a jamais « perdu son temps ». Il a su utiliser chaque seconde pour s’alimenter de ce qui le passionnait vraiment.
Des passions qu’il aimait transmettre
Michel adorait la vie culturelle et sportive, ainsi que toutes les sorties qui pouvaient en résulter. Pendant de nombreuses années, il auscultait le journal Le Soleil pour dénicher l’Activité de la fin de semaine, à laquelle il initierait ses enfants. Il leur a fait découvrir le théâtre, le cinéma (dont les Contes pour Tous), ainsi qu’une panoplie de musées. Il les a emmenés dans les divers festivals des 4 coins du Québec. Il les a initiés au ski de fond, sur les pistes du Camp Mercier, du Mont Ste-Anne et de Duchesnay. (Expérience qui était répétée TOUS les samedis.) Pourtant, l’activité incontournable de l’hiver était devenue la visite des impressionnants monuments de neige du Carnaval de Québec.
Le printemps, il visitait, en famille, la traditionnelle Cabane à sucre Napert en Beauce.
L’été, c’était le Festival d’été de Québec avec les spectacles de rues qu’il affectionnait particulièrement. Tradition familiale oblige : il avait équipé toute sa famille de petits bancs pliables qu’il transportait dans son gros sac-à-dos bleu, afin que chacun puisse s’approcher des artistes, tout en étant confortable. Il y avait aussi les incontournables visites à Sainte-Famille de l’île d’Orléans pour la récolte des fraises, des framboises et des bleuets que la famille cueillait au poids.
L’automne, il emmenait sa famille aux pommes, toujours à Sainte-Famille, où il avait tellement de plaisir à grimper aux arbres et à cueillir sa traditionnelle grosse poche de pommes. Cette journée mémorable se terminait inévitablement par une dégustation de maïs chaud et de tartines au sucre d’érable et crème.
Toutes ces traditions, il avait aimé les créer avec ses enfants, mais il aimait les reproduire avec ses petits-enfants.
De plus, pour Michel, la saison estivale était synonyme de « camping en tente roulotte ». Même si, avec ses talents d’intellectuel, il n’avait jamais compris comment installer cette dernière, il n’avait pourtant jamais appréhendé les vacances familiales qui lui permettaient de découvrir de nouveaux horizons. Avec Solange et ses enfants, il a sillonné les routes du Québec, il a visité l’Ontario, les Maritimes, les Îles-de-la-Madeleine, Wildwood, le Maine et Atlantic City.
Puis, avec sa douce moitié, il a fait plusieurs grands voyages : l’Espagne et les Iles Canaries (1972), l'Ouest Canadien (1973), la France (1975), la Louisiane (1977), l’Israël et de nouveau la France (2006), l'Ouest Américain (2007), ainsi que la Chine (2010). S’ajoute à cette collection un magnifique voyage familial en Floride, effectué à l’hiver 1990.
L’homme sensible qu’il était aimait aussi écouter de la musique. Lors des traditionnels soupers de famille à la fondue chinoise, la trame sonore qu’il affectionnait particulièrement était la flûte de pan de Zamphir, les mélodies interprétées au violon chinois ou la musique instrumentale du pianiste André Gagnon. Par ailleurs, il aimait particulièrement l’œuvre de Félix Leclerc, d’Ingrid St-Pierre, de Florent Vollant, de Dan Bigras (Vire ta chaise de bord) et des 12 hommes rapaillés qui chantent Gaston Miron.
De plus, ces quelques pièces se seront avérées être des coups de cœur pour Michel :
- La Czardas de Monti (entendue pour la première fois à l’édition française de l’école des fans)
- La Méditation de Thaïs (interprétée par sa fille au violon)
- Y’a t'il quelqu’un de Damien Robitaille (texte qu’il trouvait particulièrement adapté à sa foi chrétienne)
- Un retard de Claude Léveillé (interprétée à la manière d’une prière par Sylvie Rancourt et entendue pour la première fois lors des chants choraux de Solange)
Les grandes passions qui ont marqué sa vie
Michel était un homme de grandes passions. Ces dernières arrivaient comme des vagues et duraient quelques années, puis elles laissaient tranquillement la place à une autre. Lorsque la passion s’emparait de lui, Michel n’avait plus d’horaire. Il était complètement absorbé par la nouvelle lubie qui le faisait vibrer.
Le théâtre
L’une des premières grandes passions de Michel était le théâtre. Lorsqu’il décidait d’aller voir une pièce, la distance du lieu où elle était présentée n’était jamais un obstacle. Il a assisté à une panoplie de pièces classiques, en plus d’un nombre impressionnant de pièces de théâtre d’été. Dans les années 70, il avait d’ailleurs réservé toute une semaine de vacances avec Solange, pour assister au Festival de Shakespeare à Stratford en Ontario. De plus, en 1975, toujours avec son épouse, il avait vu plus de 50 pièces au cours de la même année (si l’on compte la vingtaine du Festival de théâtre de Carcassonne et d’Avignon).
La nature
Michel aimait beaucoup la nature. C’est dans les années 80 que sa passion pour l’identification des arbres et des fleurs sauvages a connu son apogée. Michel avait acheté un herbier pour sa fille Marie-Pierre et un arbrier pour son fils Jean-Philippe. Chaque variété de fleur ou de feuille récoltée dans le sous-bois derrière la maison, était précieusement identifiée, séchée et collée. Il avait d’ailleurs appris à sa fille de 2 ans et demi, à identifier seule, chacune des espèces de fleurs sauvages trouvées autour de la maison. De plus, chaque année, Michel s’émerveillait devant l’arrivée des bourgeons du printemps et devant les toutes nouvelles prêles des champs.
L’écriture
Michel a toujours eu une passion vibrante pour l’écriture. Il aimait tellement les mots, que pour chaque phrase, il en utilisait un nombre record. Il aimait tellement les mots, qu’il ne rédigeait jamais une simple carte sans son dictionnaire de synonymes. Il aimait tellement les mots, que lorsqu’un événement heureux ou malheureux survenait, il y allait spontanément de sa plume et peaufinait de longs messages poétiques empreints de sensibilité, au grand plaisir du destinataire. Pour lui, le choix du mot juste était plus qu’important : c’était crucial.
La mécanique automobile ???
Que dire de sa passion naissante, dans les années 90, pour la mécanique automobile. Michel s’était tout équipé. Il avait même acheté une planche à roulettes pour examiner le dessous de sa voiture… alors qu’il avait une entrée en cailloux!!! Ses talents d’intellectuels auront rapidement refait surface et cette passion à ses balbutiements n’aura fait que passer.
La spéculation boursière
L’une des plus grandes passions de Michel, entre 1995 et 2010, fut la spéculation boursière où il s'est tour à tour intéressé aux actions, aux options, aux contrats à terme et la spéculation sur les devises étrangères.
La lecture
Michel a toujours été un passionné de lecture. Mais cette flamme s’est intensifiée de 1997 à 2015. Il avait, à ce jour, répertorié 619 lectures complétées durant cette période, ce qui signifie une moyenne de 34 livres par année. Cette passion aura atteint un sommet en 1999 (où il aura lu 95 livres), ainsi qu’en l’an 2000 (où il en aura lu 104). Michel avait d’ailleurs projeté ses 3572 prochaines lectures! Lorsque la passion s’emparait de lui, il devenait même téméraire. Il existe encore sans doute une preuve de cette témérité dans les archives des contraventions de la Sûreté du Québec : il lisait constamment en conduisant sa voiture!
Tous ses livres étaient écornés, pliés, soulignés, cochés et annotés. Michel disait que c’était le signe que sa lecture était intéressante et qu’il y avait appris quelque chose. Ses auteurs de romans favoris étaient Honoré de Balzac duquel il avait lu plus d’une quarantaine de romans, ainsi qu’Henri Troyat avec une quinzaine de lectures. Il s’intéressait à l’histoire de l'église de Daniel Rops, à tous les livres qui touchaient l'Eucharistie ainsi que la vie des saints. Il affectionnait d’ailleurs particulièrement les livres de Thérèse de l'Enfant-Jésus, à cause de sa vie toute simple, puis ceux du Père Benoît Lacroix. Il avait une vraie passion pour les livres qui touchaient l'histoire et un coup de cœur pour l’œuvre de Boucar Diouf. Ses dernières lectures de chevet furent celles du Pape François, pour son important message de miséricorde.
La généalogie
Féru d’histoire, il est tout naturel que Michel se soit passionné pour la généalogie. C’était si important pour lui de connaître ses racines ainsi que les détails lointains de sa propre histoire. Mais comme son enthousiasme exubérant n’avait aucune limite et qu’il éprouvait une grande fierté à partager ses découvertes, il est arrivé, plus souvent qu’autrement, d’avoir bâti un arbre généalogique complet, hyper détaillé, avec en prime, des anecdotes qu’il avait lui-même dénichées sur les ancêtres de plusieurs personnes rencontrées dans diverses activités sociales. Il le faisait pour eux, mais ça l’intéressait tout autant!
Sa grande foi chrétienne
Sa dernière grande passion, Michel l’a vécue pleinement, au quotidien. Il était un homme de foi et de prière, qui cherchait à faire le bien autour de lui. Son implication ainsi que son dévouement total pour sa paroisse de Bon-Pasteur était colossal. Il était marguiller, très impliqué dans de nombreux comités de pastorale et de liturgie, en plus d’être associé aux Pères du Très-Saint-Sacrement, avec lesquels il participait à une retraite chaque année. De plus il poursuivait des formations liturgiques chez les Eudistes. Rien ne lui faisait plus plaisir que de partager ses écrits concernant sa foi chrétienne, lors d’homélies touchantes pendant les célébrations de liturgie de la parole en l’Église de Lac-Saint-Charles.
Quelques anecdotes plus rigolotes…
On reconnaissait Michel à sa casquette de feutre noire, portée de l’automne au printemps, à ses « lunettes à cordons » qu’il oubliait et perdait un peu partout ainsi qu’à sa mallette noire qui transportait son précieux ordinateur portable ou ses lectures du moment. Sur lui, il avait toujours son chapelet, dont il ne se séparait jamais.
Michel était un oiseau de jour et de nuit. Il n’a jamais suivi d’horaire, ni pour travailler, ni pour dormir, ni pour manger. C’est sans doute pour cette raison qu’il avait l’habitude de s’endormir un peu partout, et à n’importe quelle heure.
Lorsqu’il s’exprimait, toujours avec conviction, il appuyait ses propos par de grands gestes lents, méthodiques, précis et récurrents. Il avait aussi l’habitude de nommer les objets par leur nom de marque ou par le souvenir qui leur était associé. Par exemple, il parlait souvent de « son Israël », pour désigner la petite veste à poches multiples qu’il avait étrennée lors de son voyage en terre sainte. Il portait ses « SUJI » (ses espadrilles) pour aller marcher dans les sentiers de la Haute Saint-Charles et il avait prénommé les 2 petits oursons que ses enfants avaient gagnés dans une machine à toutous de Walt Disney « Kissimmee Epcot » (des villes de Floride) et « Orlando Sentinel » (le journal anglophone qu’il lisait le matin, lors de ce voyage). Aussi, lorsqu’il allait passer des prises de sang « obligées », lui qui détestait tellement les visites chez le médecin, il se plaisait à dire qu’il allait « donner du sang ». Même si la blague se répétait depuis plusieurs années, elle faisait toujours sourire les membres de sa famille.
De plus, Michel identifiait TOUT objet qui lui passait entre les mains (même les bouteilles de shampoing ou les restes de nourriture dans le frigo). Que ce soit en préparant une étiquette imprimée à l’ordinateur, minutieusement fixée avec un petit bâtonnet de colle, ou avec une étiquette rédigée et encadrée à la main, à partir d’un morceau de « ruban cache ». Avec lui, tout était méticuleusement classé avec structure et précision. Les éléments essentiels et pertinents de chaque document étaient d’ailleurs minutieusement encadrés. Son système de classification et sa collection de boîtes bien identifiées au sous-sol étaient une réelle fierté.
Autre trait caractéristique : Michel conservait ses voitures beaucoup trop longtemps. Il préférait remplacer le moteur à de multiples reprises plutôt que de changer l’auto elle-même. C’est ce qui est arrivé avec sa Toyota Tercel rouge et rouille 1997, qui en était à sa troisième greffe de moteur…
Michel n’avait peur de rien. Cela n’est sûrement pas étranger aux morsures qu’il a déjà subies : une première fois au visage par un chien esquimau, et une autre fois par un écureuil à qui il offrait à manger dans un parc public. Cela ne l’a pourtant jamais empêché de continuer à aimer les animaux. Michel n’avait peur de rien. Il était toujours prêt, au grand dam de son épouse, à appuyer sur n’importe quel bouton (de son ordinateur ou de celui de Solange) pour voir ce qui allait se passer. Cette naïve insouciance avait de quoi lui garantir bien des surprises!
Une alimentation particulière
Son amour pour la nourriture « pas trop santé » était connu de tous. Michel se nourrissait presque exclusivement de pain, de gâteaux et de biscuits soda (pour enlever le goût du sucre, bien sûr)!
Son repas préféré était le déjeuner. Le matin, après son traditionnel bol de céréales Rice Krispies contenant beaucoup, beaucoup trop de lait, il se préparait des rôties qu’il beurrait toujours une fois devenues froides et sèches. De plus, il dévorait souvent, en quelques jours, et à lui tout seul, une grosse brique de fromage « Velveeta ». Et il n’y a pas de doute à avoir, c’est assurément Michel qui cuisinait les meilleurs œufs nappés d’une tranche de fromage « Single de Kraft ».
Son fabuleux déjeuner était toujours accompagné d’un bon « café instant Maxwell House » (qu’il trouvait bien meilleur que celui de plusieurs restaurants), qu’il se servait dans une tasse pleine à ras bord. Comme il ne buvait pas son café noir, il n’avait pas d’autre choix que d’en jeter une partie au lavabo pour pouvoir y ajouter un soupçon de lait. C’était chaque jour la même routine.
Pour un petit dîner rapide, Michel préparait sa soupe préférée : une crème de champignons qu’il accompagnait d’un verre d’eau minérale ou mieux, d’une canette de Ginger ale ou d’un verre de bière d’épinette.
Son repas préféré était, sans contredit, la traditionnelle fondue chinoise du samedi soir (avec l’excellent bouillon préparé par Solange), hiver comme été, qu’il ne s’est jamais lassé de déguster, au grand dam de sa famille qui aurait bien voulu casser la tradition du samedi, une fois de temps en temps… Ce met de prédilection était plus souvent qu’autrement, accompagné d’une coupe de vin qu’il remplissait… à ras bord.
Michel n’a jamais été très habile, ni même à l’aise dans une cuisine, mais il avait tout de même 3 spécialités bien campées qui faisaient bien rire ses enfants:
1- Des céleris au Cheez Whiz
2- Des œufs à la coque littéralement « lancés dans le fond de l’évier » afin d’en enlever rapidement la coquille
3- Ainsi que sa fameuse recette de tartinade au beurre d’arachide. (Il s’agissait de mélanger une part de beurre d’arachide pour une part égale de margarine, afin d’obtenir un savoureux mélange, tout à fait homogène, que l’on avait ensuite qu’à étendre sur un biscuit soda.)… un pur délice !!!
Michel a toujours apprécié partager de bons repas avec les gens qu’il aimait, à la maison, comme au restaurant. Il adorait les mets chinois, mais détestait le spaghetti. Fait étrange et incompréhensible : l’endroit où il préférait se retrouver pour souper, tous les dimanches soirs, depuis belle lurette, c’était au Manoir du Spaghetti de Charlesbourg. Ce fut d’ailleurs le tout dernier restaurant où il a partagé un repas avec sa Solange, 4 jours avant son départ précipité.
Michel, homme remarquable
Michel était un homme de cœur, un homme de foi, un homme de passion. C’était un homme de parole, engagé, fidèle à ses convictions, à ses croyances et à sa famille. Il mordait dans la vie et profitait pleinement de chaque instant. Il aimait profondément et était guidé par l’amour.
Si on pouvait l’entendre, de là où il est, voici ce qu’il dirait :
« L'amour ne disparaît jamais, la mort n'est rien. Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté. Je suis moi. Vous êtes vous, ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné. Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait. N'employez pas un ton différent. Ne prenez pas un air solennel ou triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble... Priez, souriez, pensez à moi. Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre. La vie signifie ce qu'elle a toujours signifié. Elle reste ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé. Pourquoi serais-je hors de votre pensée, simplement parce que je suis hors de votre vue? Je vous attends, je ne suis pas loin... juste de l'autre côté du chemin. »
D'après un texte de Saint-Augustin
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QUELQUES ÉCRITS DE MICHEL SAVARD
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QUÉBEC, 12 MAI 2005
Souvenirs de jeunesse racontés à son frère Laurent, quelques semaines avant son décès.
LAURENT, MON FRÈRE
Laurent, au mitan de la dernière semaine, dans mon espace de travail, à la CSST, j’ai vécu, auprès d’une collègue et amie, le bonheur d’une écoute intelligente et attentive des petites et grandes frasques qui ont enjolivé notre prime jeunesse, dans les années 50, sur la rue Saint-Vallier, au sein d’un quartier ouvrier plutôt « basse-ville » de Québec. Le coup pendable du pichet d’eau froide pleinement déversé, depuis le balcon du troisième, sur la coiffure et la robe et le « vison » d’une illustre inconnue dont le seul malheur était de circuler, à point nommé, sur le trottoir public, dans la trajectoire d’une pluie abondante et artificielle soudainement provoquée par un garnement de six ans manipulé par son frère Michel, 8 ans. Tu te souviens! Nous avions calculé une mince probabilité d’être démasqués à raison d’une chance sur trois. Mais la victime dégoulinante avait, par hasard, mis le doigt sur la bonne sonnette et déclenché l’alerte. Nous avions été punis tous les deux suivant l’idée que le comploteur-complice est aussi coupable que l’exécutant. Je me suis souvenu de cette jurisprudence familiale. J’en parle encore cinquante ans plus tard.
Et la grande incartade, Laurent, le plan machiavélique, la pire fredaine de notre jeunesse urbaine, celle qui a failli mal tourner, cette tragi-comédie que nos proches, néanmoins, n’ont jamais soupçonnée. Tu te souviens de l’immense baril noir que nous avions bourré de matière sèche prête à s’enflammer : nous avions facilement déniché de grands ballots de papier journal déchiqueté que le commerce de vaisselle chinoise, en bas de chez nous, au rez-de-chaussée, empilait pêle-mêle dans la cour arrière clôturée. Notre statut de jeunes résidents du troisième nous y conduisait par une ouverture dérobée, sous le porche, et sans éveiller les soupçons, nous avions une grande facilité à déambuler dans cet espace devenu terrain de jeu pour les 2 chenapans de l’immeuble. Un jour, l’idée a germé. Nous avions un plan prémédité. Il suffisait de se présenter chez pepère Gagné, à deux coins de rue de la « maison ». Bien entendu, notre scénario était savamment planifié. L’aïeul que nous estimions nous récompenserait, suivant son habitude, pour notre visite « rayon-de-soleil » et, nous donnerait, comme toujours, un sou noir « conjoint » qui, en 1953, valait son pesant d’or. Jusque-là, tout marchait sur des roulettes. Avec notre richesse, hauts comme 3 pommes, nous faisions escale chez le dépanneur de la rue « Renaud » pour y acheter nos munitions, c’est-à-dire les 25 allumettes de carton dont nous comptions, en toute innocence, tirer le plus mémorable feu d’artifice. Tu connais la suite. Dans la chaleur torride d’un été de sécheresse, deux inconnus dont l’identité ne fut jamais clairement documentée, ont « sacré » le feu sous l’escalier couvert et inaccessible de la rue St-Vallier où gisait la réserve de débris secs et déchiquetés. D’immenses volutes de fumée grise et des tisons incandescents se mirent à virevolter. Une première-alerte incendie était déclenchée. Les pompiers de la Basse-Ville ont surgi et y ont déversé leurs pompes chimiques. Ta mère n’a jamais rien su. Ton père non plus. Ni vu ni connu. Laurent, soit dit en passant, ne vient pas m’accuser, 52 ans plus tard, d’avoir tramé ce coup pendable. Même sous la torture, jamais, je ne passerai aux aveux.
Laurent, mon frère, voilà ce que, pour tout de suite, j’avais le goût de te raconter. Voilà les plus fraîches réflexions que me suggère ta lente convalescence vécue à l’Hôtel-Dieu, ce très vieil hôpital de Nouvelle-France. De tout cœur, je te souhaite l’apaisement, la sérénité, la douceur des lacs tranquilles et des rivières qui sillonnent le Québec.
Michel
SAN DIEGO, LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2007
16H30, FUSEAU HORAIRE DU PACIFIQUE
Texte adressé à son groupe lors d’un voyage organisé dans l’Ouest Américain.
DISCOURS DE SAN DIEGO
Votre voyage n'est pas fini, mais il achève. Cet après-midi, à la sortie du zoo, à San Diego, avant d'aller dormir votre dernier sommeil US (ne voyez dans ce propos nulle allusion à la séniorité des dormeurs), voici une première volée d'impressions spontanées.
Nous sommes 50 voyageurs parmi les 3 millions de San Diegeois. Néanmoins, depuis l'atterrissage en Californie, un chapelet de grandes villes nous a réunis :
- Los Angeles et ses studios trompe-l'œil.
- San Francisco et sa course à l'emporte-pièce dans la montée sinueuse du quartier des Italiens où 4 douzaines de Québécois étaient dropés et largués par la gazelle Allison.
- Las Vegas et sa culture «kitch», ses enseignes aguicheuses, sa troublante piscine de Vénus, sa Venise miniature agrémentée de gondoles typiques, mais privée de ses parfums authentiques et de sa traditionnelle volée de pigeons.
- Le Colorado magnifique, son Grand Canyon échevelé, ses belvédères tactiques et ses minuscules rigoles que l'orage, parfois, transforme en torrents déchaînés.
- Phoenix, la ville dortoir vite oubliée qui recèle néanmoins le souvenir d'un gros cactus, d'un cocktail-fraternité, d'une musique à bouche aux accents de rigodon sur paroles de chanson-réponse à la canadienne, bien mijotées dans la bouilloire américaine de l'Arizona.
- San Diego, la grande métropole collée sur la frontière mexicaine, mais aussi bien la grande ville coincée entre sa bande continentale et un chapelet de petites îles immergées dans le Pacifique.
Dans vos caméras, sur vos cartes-mémoires, une évaluation préliminaire me permet de savoir qu'il s'y emmagasinent, précieusement conservés, entre 15 000 et 20 000 clichés destinés à fixer le souvenir fugace de vos 2 semaines «Mérika-Tours». Ce chiffre n'est pas scientifique. Les incidents de parcours, les piles déchargées ainsi que les 2 appareils numériques mystérieusement disparus tantôt sous les bancs d'autobus et tantôt sur les chaises de cafétéria, (bien que miraculeusement récupérés dans les 24 heures)… auxquels s'ajoute la brutalité excessive d'un Sylvio photographe, que la rumeur accuse d'avoir sciemment vandalisé son «kodak», (un Sylvio qu'au surplus, le shérif de Calico espère épingler pour un motif autrement plus grave)... toutes ces embûches m'incitent à réduire jusqu'à 12 000 unités, les proportions plus conservatrices de cette première statistique un peu floue.
Cependant, mon mode d'expression privilégié me porte naturellement vers l'écriture et la parole plutôt que vers les carrousels d'images dansantes et ensoleillées. Rarement, vous me vîtes porter la caméra à bout de bras. Vous m'entendîtes plus souvent dire un mot à droite et à gauche, une drôlerie, une caricature. Ma sœur «la-petite-laine», alias Claudette, que vous côtoyez depuis Québec, se demande souvent à quel point mon propos est crédible. Je lui dirai que l'esprit, davantage que la lettre, pimente mes « racontages ».
Trève de préambule. J'observe moins les paysages contrastés que les relations humaines enrichissantes. Je les cible plus vite que les plongées de Grand Canyon et les végétaux exotiques espacés au fil des autoroutes.
Dans la société miniature que nous avons très vite composée, dans la famille élargie que nous avons formée, (je le dirai sans nuance péjorative ni préjugé ombrageux), à la décharge de la plantureuse fratrie «Roy» et du club privilégié des anniversaires-sexagénaires (une invention socio-fraternelle de Québec-Beauce-Portneuf dont je suis la plus jeune recrue), il y avait des clans officiels, pas très étanches, des sous-familles très ouvertes à l'infiltration; il y avait des parleurs, des faiseurs, des bougonneux, (quant à moi, c'est une expression affectueuse, mais descriptive); il y avait des verbomoteurs, des penseurs, des «outsiders» , des magasineurs, des entrepreneurs, des musiciens, des chanteurs, des ingénieurs, des docteurs, des infirmières, des soudeurs, des gestionnaires, des traducteurs, des «truckers», des juristes, des philosophes, des thérapeutes, des cadres (ceux qui ont une plus grande compétence dans le travail que dans la décoration des murs); il y avait des retraités, des assureurs, des argentiers de Caisse Pop, des secrétaires, des «reines de foyer», des Québécois, des Ontariens, des Montréalais, beaucoup de maîtresses d'école, (à cet égard, dans notre bus, pour une fois, le féminin l'emporte sur le masculin. C'est volontaire: il n'y a pas de faute de grammaire), des rotateurs de banquettes, des amateurs de bon vin, des chercheurs de «Vanilla Cream » et des collectionneurs de mousseux «Prestige» issus du paradis vinicole de «Napa Valley». Il y avait aussi deux oublieuses de sacoche et un carougeois inventif qui combat les nuits blanches en accueillant Morphée dans l'eau salutaire d'une baignoire apaisante. Je n'oublie pas les Ginette et les Jeanne-Mance qui ont découvert, à Vegas, en bonne compagnie, des spectacles fébriles, des hôtels mouvementés et des casinos assourdissants. Inutile de rappeler que vous avez pu côtoyer, à bord de notre caravane, l'émule de Tiger Woods, notre distingué Jack Plywood, (alias J.D.), ce golfeur québécois qui va bientôt s'illustrer sur les parcours de l'Arizona.
Nous avions, bien sûr, notre club succursale égypto-libanais que personnifient Sylvia et ses associées. Et notre ligue de marcheurs à pied sous la houlette des p'tits Ouellette, alias Françoise et Raynald.
Nommer, c'est un peu oublier. Dans cette évocation, des espèces prédominantes sont enveloppées dans le silence. Je m'en excuse. Comme on dit: « Faut surtout pas le prendre personnel ». Notre mosaïque, dans son humanité, est si riche, qu'il me faudrait plusieurs pages additionnelles pour la contenir.
À vos proches, à vos fils, à vos filles, à vos p'tits-fils et p'tites-filles, vous direz les souvenirs cristallisés qu'ont portés vos malles californiennes.
Beverly Hills et son « amphi » naturel à la montée duquel glissent les pneus d'autobus Van Gogh, les «Jaw(s)», les «King Kong(s)», les «Parcs Jurassique(s)», et les « Splashing Water World(s)» qu'exhibent les studios «Universels», et encore, le San-Simeon du magnat Randolph Hearst qui, dans la cinquantaine avancée, se découvre une vocation de châtelain-bâtisseur, et plus haut sur la carte, en direction nord-ouest, la mission franciscaine de Carmel, le Golden Gate, l'Alcatraz, le Cable Car, et le quartier chinois de San Francisco... j'en passe et j'en passe... Yosemite, ses rochers escarpés, ses couchers de soleil dans le Pacifique et sa marée descendante à la brunante.
Je suivrai de nouveau mon fil conducteur, celui qui plonge au cœur de la réaction humaine activée par la chaleur torride de la route Californie-Névada, qu'amplifiait la mécanique chevrotante et agonisante de la ventilation Van Gogh. Depuis Fresno, en traversant le désert de Mojave et la ville fantôme de Calico, la moyenne de pression nerveuse et cutanée des 50 voyageurs du Québec était inversement proportionnelle à l'inertie des canalisations d'air conditionné. Un redoublement d'inquiétude associée aux ouvertures de «Céline-la-cantatrice» et du flamboyant «Cirque du Soleil» augmentait la grogne muette et la plainte silencieuse. Malgré toute sa bonne volonté, Tony la chauffeuse éprouvait une difficulté certaine à chanter la note juste. Dans le creux de la vague, sans tambour ni trompette, le porte-flambeau de «Mérika-Tours», accompagnateur au quotidien, guide sur une sellette omniprésente et instable, historien, géographe, agronome, botaniste, géologue, journaliste, éditorialiste, météorologue, pousseur de nouvelles sportives, statisticien, recherchiste, blagueur, interprète, distributeur de champagne, de clés, de pochettes, de coupons-déjeuners (je crois que j'en oublie)… Ah oui! Porteur de valises au 2e plancher, laveur de vitres, photographe sur demande, rôtisseur de toasts, pointeur de pause-photos, de pause-vessie, de pause-resto, Pierre Lahaise (faut pas changer le h pour un b) ce jour-là, (puis la journée d'avant, puis la journée d'après), se démenait comme un diable dans l'eau bénite. À force de ramer à contre-vague, à force d'épaissir sa note d'interurbains, à force de rejoindre et de pressurer ses interlocuteurs québécois, canadiens et américains, à force de raccourcir ses nuits de sommeil et son temps de récupération, Pierre-le-guide tissait la toile et attachait les fils d'où sortirait la solution que vous connaissez...
«Excusez-là», comme disent les conteurs de chez nous. Ces premières impressions de voyage sont à l'image d'un fromage de gruyère: elles sont pleines de trous. Qu'il vous suffise de les remplir et de donner une toute autre saveur au buffet de souvenirs que vous servirez à vos proches.
Un dernier point. Comme Monsieur Lahaise l'a si souvent répété: « Vous n'y êtes pas obligés. Sentez-vous libres de le faire». Si le cœur vous en dit, et à cette seule condition, en guise de reconnaissance pour les services quotidiens répétés et diversifiés qu'il vous a rendus depuis le 22 septembre: applaudissez votre guide-accompagnateur Pierre de «Mérika-Tours».
Michel Savard,
Votre chroniqueur de Lac-Saint-Charles, Québec, Canada.
LAC-SAINT-CHARLES, 2009
Message d’amour à sa Solange dans une petite carte accompagnant une rose.
SOLANGE
Pour une femme unique, une rose unique. Davantage qu'une gerbe, cette rose épanouie raconte une histoire de continuité. Naguère entre les premiers murs de nos premières amours et encore aujourd'hui, entre les mains d'une escouade hospitalière soucieuse d'une fulgurante remontée.
Je t'aime,
Michel xxx
QUÉBEC, SAMEDI 7 JUILLET 2012
Carte de souhaits pour l’anniversaire de sa fille Marie-Pierre.
MARIE-PIERRE – 32 ANS
Chère Marie-Pierre,
Le préambule imprimé, comme une baguette magique, a trouvé les mots qui racontent la joie, le courage, l’authenticité et la richesse que ton action généreuse et ta conduite emballante sèment dans nos cœurs. Tes amours de filleuls, tes rêves de maternité, ton application à détruire les embûches à la pièce, ton idéal qui surnage et repousse la menace passagère, ta fibre entrepreneuse, ton amour de «Patrick», (peut-être aussi, ta nouvelle coqueluche, madame Sharlie) tout est digne d’un éloge ému que nos pensées démunies ne peuvent guère dessiner. Te dire « Bonne fête, Marie-Pierre», c’est t’exprimer avec maladresse cette affection sincère, c’est te dire « merci » pour ce que t’es.
Solange,
Michel,
xxx
Si fiers de leur fille.
LAC-SAINT-CHARLES, MARDI 11 FÉVRIER 2014
Petit message d’amour écrit pour sa douce Solange.
FRÊLE VERGERETTE
Solange bien-aimée,
Une frêle vergerette cueillie aux frontières de l'automne...
En bordure du chemin Bédard, à côté d’une plate-bande sauvage où s'étiolent verges d'or et fougères, je me suis arrêté, me suis penché et l'ai rescapée.
À l'abri des morsures glacées d'une brise de septembre, longtemps... elle a voyagé... jusqu'à l'encolure du petit pot rouge où tu déposes de jolies fleurs d'été.
Michel xxx
LAC-SAINT-CHARLES, 5 SEPTEMBRE 2009
Prières rédigées pour le mariage de sa fille Marie-Pierre et de son gendre Patrick.
PRIÈRES UNIVERSELLES
Après chacune des intentions de prière, l'assemblée répondra, « Seigneur, en ce jour, écoute nos prières »
1. Pour Patrick et Marie-Pierre qui, aujourd'hui, en tant que mari et femme, se sont unis l'un à l'autre, prions pour que leur amour ne cesse de grandir dans la foi et l'espérance,
L'assemblée : « Seigneur, en ce jour, écoute nos prières »
2. Des couples connaissent l'épreuve que présente la maladie, la rupture du dialogue ou l'incertitude face à leur avenir ou à celui de leurs enfants. Seigneur, donne à Patrick et à Marie-Pierre de ne jamais perdre confiance l'un dans l'autre et de ne jamais douter de Ta présence bienveillante,
L'assemblée : « Seigneur, en ce jour, écoute nos prières »
3. Nous nous tournons vers toi, Seigneur, et nous te prions pour les familles de Patrick et de Marie-Pierre ici réunies sans oublier ceux et celles qui n'ont pu venir et, dans chacune de leurs familles, ceux et celles qui nous ont quittés et dont le souvenir, malgré le temps écoulé, est encore présent, ici même, en cette journée de noces,
L'assemblée : « Seigneur, en ce jour, écoute nos prières »
4. Nous nous tournons vers toi, Seigneur, et te prions pour que notre monde en effervescence connaisse la paix, la justice, la liberté et pour qu'il soit à l'abri de la famine, de la violence et de la guerre,
L'assemblée : « Seigneur, en ce jour, écoute nos prières »
5. Une dernière intention de prière pour les nouveaux mariés.
Seigneur, tu connais Patrick et Marie-Pierre qui se sont forgés dans la diversité mais trouvent, dans leur jeune vie de couple, un climat d'harmonie et de complicité. Seigneur, que leur vie future affermisse cette connivence toute respectueuse de la profonde richesse de leur être.
L'assemblée : « Seigneur, en ce jour, écoute nos prières »
LAC-SAINT-CHARLES, 24 NOVEMBRE 2012
Courriel annonçant la naissance de Flavie à la famille élargie
FLAVIE - NAISSANCE
Depuis la vallée de Lac-Saint-Charles, voici la rediffusion d'une dépêche issue de la Mauricie : dans la salle d'accouchement du CHRTR, boulevard Du Carmel, Trois-Rivières, à 8 heures 22, jeudi le 22, après césarienne et nuit blanche, est née la «tite-tite» Flavie (8 livres 4 onces, 20 pouces) fille d'Elise F. de Ste-Anne des Monts et de Jean-Philippe BS. , de Lac-Saint-Charles. Suivant la nouvelle pratique hospitalière, la nouvelle-née, sa mère et son père, se reposent et récupèrent, jusqu'à dimanche, dans la chambre 224 de l'aile «maternité».
Flavie est la sixième petite-petite cousine de la branche «Léana, Loïc, James, Anaïs, Elliot» et le troisième bourgeon du rameau «Sara-Maude et Sophia-Marie».
À St-Grégoire et à Lac-Saint-Charles, les grands-pères et les grands-mères de Flavie ont aussitôt reçu un carton-privilège d'invitation expresse.
Sur l'autoroute 40, à la brunante, jeudi, en fin d'après-midi, 8 heures après la naissance, Solange et Michel ont adressé aux «papa-maman» de Flavie un premier message de gratitude reconnaissante. Ils ont, par la suite, été fascinés par l'œil maternel d'Elise et la main paternelle de Jean-Philippe.
Privé d'«Internet» pour 3 jours, Jean-Philippe a député grand-maman Solange et grand-papa Michel pour livrer ce courriel porteur d'une si belle et chaleureuse nouvelle.
Elise, Jean-Philippe, Solange et Michel.
QUÉBEC, JEUDI 22 NOVEMBRE 2012
Message adressé à Elise et Jean-Philippe, suite à la naissance de leur premier enfant, Flavie.
BIENVENUE FLAVIE
Chère Elise,
Cher Jean-Philippe,
L’arrivée de Flavie, ses premières bouffées de vie toute neuve, (ce matin, à huit heures 22 minutes), sa première émotion, sa plus douce larme versée dans un monde inconnu qu’adoucissent la tendresse d’une mère novice et d’un père néophyte… telles sont les images qui nous habitent. Entre Québec et Trois-Rivières, ce 22 novembre, 8 heures après la naissance, sur l’autoroute 40, en fin d’après-midi, le nouveau crépuscule s’estompe dans le soleil éclatant et chaleureux de la grande nouvelle issue de la Mauricie : Flavie est née, bien née; elle est en bonne santé. Sa mère Elise, entre césarienne et allaitement, récupère, à courtes doses, une précieuse vitalité. Son père Jean-Philippe, depuis 12 heures, n’a pas fermé l’œil…
Sur la pointe des pieds, sans déranger, sans tarder, permettez-nous de vous dire notre fébrilité, notre gratitude reconnaissante pour cet événement lumineux qui éclaire notre soixantaine avancée. Grand-mère Solange et grand-père Michel, affectueusement, vous redisent « mille mercis» pour ce cadeau de la vie, leur première, «toute première» tite-petite fille prénommée Flavie.
Grand-maman Solange, xxx
Grand-papa Michel. xxx
BELOEIL, LE 15 FÉVRIER 2013
Message adressé à Léopold premier « petit-fils » de Michel et Solange, à l’occasion de sa naissance.
BIENVENUE LÉOPOLD
Mon tout petit Léopold,
Tu es attendu depuis si longtemps. Tu es cajolé depuis belle lurette. Tu es choyé, de longue main, dans le déroulement, «en toute priorité», du projet Léopold. Tu n’as jamais connu l’abandon dans la traverse angoissée des alertes «gynéco». Tu es passionnément désiré dans le cœur d’un papa-maman néophyte dont la dernière goutte d’énergie, fin janvier, a chambardé un sous-sol, un bureau, un atelier dans le tourbillon desquels a surgi ta craquante petite chambre bleue.
Mon tout petit Léopold,
Dans l’aile maternité de Pierre Boucher, au fil des «hypertonies» de contraction, ton petit cœur a cassé la courbe des écrans de surveillance : comme un coup d’aiguille dans l’entre - côtes … comme un souffle coupé avant de récupérer. Dans ton oreille, le personnel médical a témoigné de l’étonnante acuité contractionnelle qui a décuplé tes efforts de naissance… Le temps de naître, tu figurais les marathoniens dans le virage du dernier kilomètre.
Cher petit-fils,
Cet effort de précoce endurance, tu l’adjoignais aux poussées vitales de Marie-Pierre, et aux angoisses paternelles de Patrick; tu es né à 20 heures 57, vendredi le 15. C’est le chrono de ton premier souffle. En t’accueillant, ta mère a souri. Ton père a ressenti la plus vive émotion en coupant le cordon nourricier. Vie nouvelle porteuse d’espérance. Vie recherchée, désirée. Un joli garçon de 7 livres minuscules (pas très lourd) que maman trouve si beau et, que papa, avec une tendresse inquiète, surveille dans le silence de la première nuitée.
Cher Léopold,
Accueille le premier bonjour d’une grand-mère et d’un grand-père qui rêvent, depuis si longtemps, de t’accueillir avec amour.
Solange et Michel,
Grand-père et grand-mère Beaulieu-Savard, Lac-Saint-Charles
BELOEIL, LE DIMANCHE 17 FÉVRIER 2013
Courriel annonçant la naissance de Léopold à la famille élargie.
LÉOPOLD - NAISSANCE
COMMUNIQUÉ DE BELOEIL - NAISSANCE DE LÉOPOLD
LE VENDREDI 15 FÉVRIER
20 HEURES 57 - 7.1 LIVRES - 18.5 POUCES
Dimanche le 17 février: Léopold fête ses 40 heures. Il est né vendredi soir, le 15, à 20hres 57. Petite boule de chaleur frémissante. En parfaite santé, mais il éprouve une grande difficulté à s'allaiter. Il ignore la bonne technique. D'habitude, nul besoin d'initier le nouveau-né. Mais Léopold a besoin d'un cours pratique. Il lui faut une démonstration. Toutes les formes de stimulation sont essayées. Il mordille au lieu d'avaler. Au prochain boire, le «plus» qui lui manque, il va l'attraper. Pas le choix, faut manger pour vivre. Pour le reste, tout va très bien, madame la marquise, comme dit la chanson. Nous connaissons un grand-père et une grand-mère comblés.
À leur sortie de «Pierre Boucher», à compter de mardi, Marie-Pierre, Patrick et Léopold raconteront la suite de l'histoire avec une rétro-photo des premières heures intensément vécues les 15-16-17 février.
Solange et Michel
Parents de Marie-Pierre et grands-parents de Léopold
BELOEIL, LE 9 MARS 2013
Courriel annonçant les problèmes de santé de Léopold à la famille élargie.
COUP DE TONNERRE DANS UN CIEL BLEU
LÉOPOLD À STE-JUSTINE
C’EST DUR-DUR D’ÊTRE GRAND-PÈRE
OU D’ESSUYER UNE LARME SUR LA JOUE D’UNE GRAND-MÈRE
Lac-Saint-Charles, vendredi soir, 8 mars.
18 heures 15. Le souper est bien servi et savamment balancé : il est rehaussé du classique filet de sole. Au loin, la télé chuchotante, presque inaudible, raconte ses histoires de conclave romain, d’anglais au primaire, de réforme du chômage.
Comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, le téléphone sonne.
18 heures 16. Léopold ne file pas. Aujourd’hui, il fête ses 21 jours bien comptés. En principe, il y a pleine matière à réjouissance. Mais Léopold, vraiment, ne file pas très bien. Il est en route vers Ste-Justine où le conduisent Marie-Pierre, éplorée, et Patrick «audiblement» paralysé d’inquiétude. Si le premier diagnostic local s’avère juste, Léopold doit subir, le plus vite possible, une laparoscopie décongestionnante. Un pour cent des bébés masculins sont visités par cette maladie du nourrisson. Le vocabulaire «interniste» parle de «sténose du pylore». Les mots font peur. Statistiquement, Léopold a toutes les chances de régler son problème de régurgitation perpétuelle: encore faut-il rouvrir le canal duodénal dont l’orifice est quasiment bloqué. Aux dernières nouvelles, le petit Léopold est intubé, transfusé, vidé de toute espèce de liquide stomacal : il attend le feu vert qu’on le roule au bloc opératoire. Toute prière ou pensée positive est bienvenue.
Solange et Michel,
Un grand-père et une grand-mère qui mettent le cap «franc ouest»
pour donner suite au SOS de Beloeil.
QUÉBEC, LE SAMEDI 14 JUIN 2014
Message annonçant la naissance de ses «petits-enfants jumeaux», à la famille élargie.
MARDI, LE 10 JUIN 2014, 07 :30 HEURES DU SOIR : SORTIE DE LA MAISON
MARDI, LE 10 JUIN 2014, 11 :30 HEURES DU SOIR : NAISSANCE DES JUMEAUX
MERCREDI, LE 11 JUIN 2014 03 :00 HEURS DU MATIN : GRANDE NOUVELLE SE RÉPAND
NAISSANCE DES JUMEAUX DE BELOEIL
Ils voient le jour dans la nuit. Ils ont la couenne dure.
En décembre, ils déjouent les fausses couches. Début janvier, ils combattent une fissure de placenta. Fin janvier, des saignements récurrents les inquiètent. En février, le CHUS sonne une alerte et convoque une assemblée de famille. Les services de gynéco, c’est sûr, ont de mauvaises nouvelles à communiquer : le temps presse et les 20 semaines d’un avortement virtuel sont quasiment expirées. Dans l’ambiguïté des explications trop vite esquissées, il faut vite saisir et deviner que les jumeaux ne sont pas viables et que leurs chances de survie sont hyper-hypothéquées. À l’horizon, inquiétudes et déchirures. Henri-Pierre et Rose-Alice sont les seuls à savoir. Ils se regardent : en un clin d’œil, ils sont rassurés. Ils sont en bonne santé. Ils souhaiteraient le dire à Marie-Pierre et à Patrick. Les mots, ils ignorent et les codes hospitaliers, ils méconnaissent. Sur les entrefaites, l’hôpital de Sherbrooke diffuse un communiqué ou rejaillissent les grandes espérances : la convocation pleine d’angoisse est contremandée. C’était une erreur. Deux dossiers ont été confondus. Nul SOS… ni aucune alerte. Réunion de famille annulée. Respirez par le nez.
(Merci mon Dieu ! Notre prière est exaucée.)
Et la gestation continue. Henri-Pierre et Rose-Alice, comme capitaines de haute mer, connaissent la tempête et accueillent l’accalmie. Depuis mars, ils vivent les contractions assidues, les vibrations incertaines, les questionnements que nulle réponse claire et cristalline n’a jamais solutionnée.
Mi-mai. C’est le « boutte du boutte » : une quarantaine de 25 jours a commencé. Les jumeaux, dans le ventre de leur mère sont condamnés à la réclusion sous bonne garde et surveillance perpétuelle. Au troisième jour, ils ont réussi l’évasion. Presque. À la dernière seconde, les surveillants de la garde matinale les ont rattrapés. De nouveau, on les a condamnés à purger 100% d’une sentence qui expire le 6 juin.
Ils jubilent. Patrick vient les chercher. Ils sont viables. Super viables. 7 mois et trois quarts de croissance utérine. Retour à Beloeil. Advienne que pourra. Libres comme l’air. Pas pour longtemps. Ils se doutent que les heures sont comptées. Les contractions s’intensifient. Encore 4 jours. Les signes se multiplient. L’ultime interrogation les tenaille. Que faut-il décider : voyager 150 kilomètres afin de retrouver la sécurité du service Gynéco-Sherbrooke dont le dossier prénatal est super-documenté. Oubedon, choisir Honoré Mercier, l’hôpital de Saint-Hyacinthe, tout proche, à vingt minutes de la maisonnée familiale.
L’option numéro 2 a prévalu. Ça se passe à Saint-Hyacinthe. Le temps presse. Marie-Pierre en est convaincue. Les eaux ne sont pas crevées. Les contractions n’ont pas le rythme et la régularité codifiés dans les grilles médicales. Mais la douleur est insupportable. En débarquant à l’urgence, une mise en garde pointilleuse. « Madame, à première vue, il n’y a aucun indicateur d’accouchement qui s’amorce. J’espère que vous n’allez pas déranger nos services et revenir une fois, deux fois, trois fois, pour tester nos patiences. » Réponse brève et délicate. « Mesdames les infirmières, mon temps est venu, je le sens et je le vis dans ma chair : aucun doute là-dessus. »
Dans la perception de grand-mère et de grand-père, ce sont les derniers flashes. Black-out, depuis 20 heures, à la brunante, au fil de cette soirée où s’estompe la chaleur du Mont Saint-Hilaire. Léopold, 15 mois, en instance de cueillir son titre de grand-frère, s’est endormi dans sa grande chambre de Petit-Lion. La gardienne de Sainte-Julie vient de partir. Nous prenons la relève. Pas de nouvelles de l’accouchement. L’obscurité s’épaissit. La nuit est tombée. Nulle annonce d’aucune sorte. 3 heures du matin. Le téléphone sonne. Re-sonne. Il faut grimper l’escalier pour agripper le combiné. Allo. Oui. « C’est Marie-Pierre. Ils sont nés. En santé. En bonne santé. Une étonnante bonne santé. Grossesse de 34 semaines et trois jours. 7 mois et trois quarts … presque huit mois. Henri-Pierre est né à 23 heures 28 et Rose-Alice à 23 heures 32, ce mardi, le 10 du mois de juin. L’aîné pèse 5 livres et 4 onces et la cadette 5 livres et 14 onces. Accouchement naturel avec épidurale. Les gynécologue, anesthésiste et pédiatre, au final, s’avèrent cordiaux, encourageants et bienveillants. Patrick a coupé les deux cordons. Il est fier. Il a sommeil. Pour ma part, j’ai déjà testé un premier allaitement. Mes deux petits savent déjà comment s’y prendre. Encore mieux que bébé Léopold, un peu handicapé, la propre journée de sa naissance. Tout augure pour le mieux.»
Les jumeaux sont nés dans l’allégresse. Ils savent. Ils ont toujours su que les obstacles existent pour mousser l’émergence d’une action humaine et surnaturelle salvatrice, fut-elle pré-natale.
Solange et Michel
QUÉBEC, LE SAMEDI 14 JUIN 2014
Message offert à ses petits-enfants Rose-Alice et Henri-Pierre, à l’occasion de leur naissance.
BIENVENUE
HENRI-PIERRE ET ROSE-ALICE
Vous avez vu le jour dans la nuit. C’était un mardi soir. Au cœur de la brunante, le Richelieu si proche essayait de secouer les atomes de soleil dont la chaude matinée l’avait bombardé.
Assoiffés de savoir si l’heure H avait sonnée, Marie-Pierre et Patrick, ont enfilé la Transcanadienne, sans répit, au fil d’une vingtaine de minutes bien comptées, avant d’aboutir au plus vite à l’Hôpital Mercier.
Coup de théâtre : l’obstétrique s’emballe, les manœuvres se déroulent à la vitesse de l’éclair. 3 heures sont à peine écoulées. Un accouchement spectaculaire aux dires du gynéco. Henri-Pierre, attrapé à deux mains, le médecin te virant la tête de bord, occiput en l’air et nez par terre, puis, Rose-Alice, attrapée par les deux pieds pour initier votre premier souffle de vie.
Quel bonheur. Un bébé Henri-Pierre bien-né et une Rose-Alice, en santé, en bonne santé, une étonnante bonne santé. C’est fort la vie. C’est beau la vie. Comme un soleil dans le cœur de Marie-Pierre, de Patrick, de Francine, de Solange, des deux Michel et de ta grande famille émerveillée. À bientôt, mon tout-petit, à bientôt, ma toute petite.
Toute notre affection, chers amours !
Solange et Michel
TROIS-RIVIÈRES, 12 JUIN 2014
Carte de souhaits pour l’anniversaire de son fils Jean-Philippe.
JEAN-PHILIPPE – 32 ANS
Au-delà de nos escapades à Beloeil, Sherbrooke, Drummondville et St-Hyacinthe au chevet de Marie-Pierre dans le dédale d’anxiété des dernières semaines, nous sauvegardions l’espérance de traverser le fleuve et le pont Laviolette. Te voir et jauger sur place les traces de l’appendicectomie surprise du 2 juin. Ta grande Flavie, depuis 2 semaines, dans son langage fleuri en associe les séquelles à « bobo papa ». Toi qui, depuis l’opération, jour après jour, refuse, comme elle le pense, de la prendre dans tes bras, ce que depuis si longtemps, tu avais tellement coutume de faire. Dans le même sillage, à l’approche de ton anniversaire, une appréhension galopante se cristallisait. Un accouchement-problème à Beloeil ébranlerait notre profonde ambition de partager une portion de ta fin de semaine-célébration. Une étoile chanceuse a remué toute les données du scénario. Sans abandonner ta grande sœur et son projet de maternité, nous sommes vraiment comblés d’être témoins, sur place, à Trois-Rivières, d’une santé si vite récupérée et d’un trente-deuxième dont les premières bouffées respirent la confiance.
Bonne fête, Jean-Philippe
«An-maman» et «An-papa», comme dit ta grande Flavie
LAC-SAINT-CHARLES, 17 JUIN 2014
Prière de reconnaissance suite à la naissance, en santé, des jumeaux de Beloeil.
PRIÈRE DE RECONNAISSANCE
Tant de prières il y eut. Tant de reconnaissance habite les pensées, le cœur et l’avenir des nouveau-nés : Henri-Pierre et Rose-Alice. Mille mercis. Mon Dieu! Plein de gratitude. Mille mercis à ceux et celles qui, au fil des derniers mois, ont cheminé avec les grand-père et grand-mère chétifs et impuissants que nous étions, porteurs, néanmoins, d’une espérance que vous avez secourue. Mille mercis.
Solange et Michel
Grand-père et grand-mère d’Henri-Pierre et de Rose-Alice
LAC-SAINT-CHARLES, 27 JUIN 2014
Message qui accompagnait le livre de la généalogie détaillée de la famille Busque, offert à
son gendre Patrick. Michel cherchait toujours à en savoir plus sur ses origines ainsi que sur
celles des gens qu’il côtoyait. Ce texte démontre bien sa grande passion pour la généalogie.
ANCÊTRE BUSQUE
Patrick,
Tu es porteur d’un ADN trois fois centenaire, celui d’un homme de confiance, d’un maître charpentier et d’un officier marinier qui a toutes les solutions à toutes les espèces d’anicroches mécaniques et physiques du « Providence », un voilier français de marine marchande hauturière, en déplacement perpétuel entre la Rochelle et Québec. Tous les mâts, toutes les poulies, Jean Busque, natif de Dunkerque, les palpe et les ausculte comme s’il les avait conçus.
Ce 12 novembre 1718, pour le retour en France, le vent est favorable et les voiles se hissent. S’ensuit une lente progression, collée sur la rive Nord, jusqu’aux rivages de Charlevoix. 4 jours plus tard, c’est la catastrophe : les mauvaises conditions climatiques entraînent l’échouement sur le récif de Cap-aux-Corbeaux, vis-à-vis de l’Isle-aux-Coudres, un kilomètre passé Baie-Saint-Paul. (Page 25 de la brique Busque.) Aucune perte de vie. L’équipage est secouru. Toutefois, dans les cales du Providence, une grande quantité de fourrures est entreposée : 7 000 livres de castor gras et 24 000 livres de castor sec. Deux semaines d’efforts suprêmes et l’équipage réussit la sortie de tous les ballots de castor qui étaient immergés, jour et nuit, dans l’eau glacée salée. Mais le « Providence » est coincé : en profitant des vents favorables et des hautes marées, il est impossible de le dégager et de le réparer avant l’hiver.
Le destin de Jean Busque a chaviré. De toute sa vie, jamais, ni le rêve, ni l’intention de prendre racine à Québec n’ont effleuré sa pensée ni infiltré son esprit. Il quitte Charlevoix. Tant bien que mal, il s’installe à Québec, pour quelques jours, quelques semaines au maximum, pense-t-il : le temps de régler une réclamation auprès de son employeur. 8 mois de salaire lui sont dus. Les semaines, les mois, les années, les siècles ont coulé. Aujourd’hui, une paternité nouvelle marque l’heureuse postérité de cet officier de marine. 3 siècles plus tard, ce 10e jour de juin de l’année 2014, Henri-Pierre et Rose-Alice sont les derniers-nés d’une chaîne humaine. Via l’arrière-arrière-grand-père Philippe Busque, l’arrière-grand-mère Émilienne Busque, la grand-mère Francine sans oublier Patrick, l’ultime responsable et père nourricier, eh! bien, l’ADN de ce maître-charpentier naval, de ce marinier « pensionnaire à la petite semaine », qui n’a d’autre projet que de regagner la France jusqu’au jour où les destinées mutuelles de Jean Busque et de la belle Catherine sont réunies pour l’éternité.
Tout a commencé par un naufrage.
Patrick! L’histoire complète et la généalogie détaillée de la famille Busque, nous te l’offrons, tel un cadeau qui marque une double paternité dans le sillage de l’aïeul Busque qui a pataugé, pieds dans l’eau salée glacée, sur les plages de Cap-aux-Corbeaux.
Solange et Michel
BELOEIL, 29 JUIN 2014
Carte de souhaits pour l’anniversaire de sa fille Marie-Pierre.
MARIE-PIERRE – 34 ANS
Chère Marie-Pierre,
Deux petits anges aux ailes messagères combinent le bleu et le rose. Une douce lumière et un décor bucolique fleurent un hommage à la vie : celle, toute fraîche et toute nouvelle d’une Rose-Alice et d’Henri Pierre, son petit frère. Mais surtout, celle d’un anniversaire, d’un 34e jalon depuis l’arrivée magique d’une Marie-Pierre, le plus beau des bébés de la pouponnière. Aux lisières des années 80, l’événement a marqué le tournant du millénaire. Le 7 juillet, c’est la célébration qui surclasse toutes les marques de notre calendrier d’été. Il faut l’attraper quand elle surgit, tel un cheval qui galope. Il vaut mieux cueillir la fête plus tôt que plus tard. Peut-être même deux fois plutôt qu’une. Les strates prématurées, tu es si bien disposée à les apprécier. Surtout si l’avancée se compte en journées plutôt qu’en semaines. 7 jours avant l’heure, ce 29 juin, au cœur d’une matinée gorgée de soleil, à l’unisson, Solange et moi, te souhaitons bonne fête, par crainte de ne pouvoir te le formuler dans l’entrefilet du premier jubilé mensuel que vivront tes 2 poupons nouveau-nés.
Avec amour! Solange et Michel
LAC-SAINT-CHARLES, 25 JUILLET 2014
Carte de souhaits offerte à Solange pour souligner leur anniversaire de mariage.
SOLANGE
43e ANNIVERSAIRE DE MARIAGE
CHÈRE SOLANGE,
UNE ROSE! COMME UNE FLEUR QUI PARLE; COMME UNE MESSAGÈRE DE NOS AMOURS; COMME UNE INTERPRÈTE-UNISSEUSE DE NOS ANTENNES AMOUREUSES; COMME UNE PREUVE QUE LE PÉTALE ET SON AROMATE DÉTRUISENT L’ÉPINE FORTUITE ET PASSAGÈRE. JE T’AIME. COMME UNE EAU DE SOURCE CARACOLANTE, JE LE MURMURE 43 FOIS POUR CHACUNE DES 43 ANNÉES ENCORE TOUTES FRAÎCHES AU-DELÀ DES CARRIERES ET DES RETRAITES QUI LES ONT PORTÉES. LES « AN-MAMAN » DE LA NOUVELLE ÉTAPE DISENT LA FRAÎCHEUR DE JOUVENCE QUI FUSE COMME UNE JEUNESSE ÉTERNELLE.
JE T’AIME. MICHEL
QUÉBEC, LE 15 SEPTEMBRE 2014
Carte de souhaits pour l’anniversaire de son gendre Patrick.
PATRICK – 39 ANS
Patrick,
Un 15 septembre ne peut jamais s’oublier. Aux portes de l’automne, une coulée chaleureuse ruisselle dans la feuillée rougissante. Tel un écho de vie qui palpite, résonne le chant du cygne d’un rappel d’été. Une fête rarissime rayonne ses effluves chaleureuses. C’est le trente-neuvième anniversaire d’un gendre super et unique, d’un bon gars paternel et patriarche d’une grosse famille. Patrick, bonne fête une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois, autant de fois qu’il y a de monde sous le même toît de l’unique chaumière de Beloeil. Des voix étranges et lointaines, des voix de Québec s’y entremêlent.
Solange et Michel,
Belle-mère et beau-père depuis l’alliance 2009.
Bonne fête, Patrick.
LAC-SAINT-CHARLES, LE DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014
ÉGLISE SAINTE FRANÇOISE CABRINI
Homélie rédigée pour le baptême de son petit-fils Henri-Pierre et de sa petite-fille Rose-Alice.
PISTE D’HOMÉLIE
BAPTÊME D’HENRI-PIERRE ET DE ROSE-ALICE
«Je t’aime. T’as du prix à mes yeux.
En toi, j’ai mis tout mon Amour.»
Dans ces mots, tout est dit. C’est l’essentiel du baptême. C’est la ligne de force de notre célébration. C’est le fil conducteur de cette liturgie pour laquelle, en ce dimanche après-midi, votre seule présence est une marque de solidarité fraternelle et chaleureuse. Que vous soyez croyants ou non, c’est, de votre part, un gage de respect mutuel, un signe d’accueil.
Tantôt, Marie-Pierre et Patrick ont évoqué la famille tissée serrée, le partage des mêmes espaces, une maternité super-médicalisée et une paternité semée d’inquiétudes. Ils ont dit à quel point 34 semaines et 3 jours de fraternité utérine, serrés l’un contre l’autre, ont préparé Henri-Pierre et Rose-Alice, à vivre leur naissance, dans un flot d’émotion, en défiant les statistiques désarmantes qui les ont précédés.
La vie est plus forte que la mort. Notre liturgie de ce dimanche après-midi en témoigne. Le baptême est une explosion de lumière, de vie, d’accueil, de résurrection. Dans la même veine, je vous propose un flash-back, un retour en arrière qui actualise les grands symboles de notre célébration et qui accueille l’éloquence des signes visibles de la croix et de la lumière du cierge pascal.
C’était le 6 avril. À peine 6 mois. Ce dimanche matin-là, comme bénévole, devant ce micro, au sein de la même assemblée réunie dans cette même église, j’avais la tâche de faire éclater une piste d’évangile. D’aucuns parlent de sermon ou d’homélie: question de tempérament, je préfère « pisteur d’évangile ». Mais, peu importe. C’était le cinquième dimanche du Carême évoquant une sortie du tombeau au-delà duquel, invariablement, dans ma foi : « Lumière et vie chassent la nuit ». C’était l’évangile de la résurrection de Lazare, où l’interaction de Marthe et de Marie s’entremêle, où se découpe l’approche humaine et plus qu’humaine de Jésus de Nazareth dont la compassion… l’attitude hyper-fraternelle… est un révélateur du Seigneur de toute Vie. Vous pensez que j’ai perdu mon fil conducteur. Pantoute.
Ce dimanche matin d’avril, question de vie ou de mort, dans le droit fil de l’évangile de Lazare qui meurt et qui ressuscite, je disais à l’assemblée qu’il est toujours possible de ressusciter la joie, l’espérance, le courage, de poser des gestes qui soutiennent. Il est toujours possible de marcher dans les traces de Celui qui se révèle dans sa grande humanité et dans sa toute-puissance de Vie. J’avais enchaîné en racontant la fausse alerte hyper-douloureuse et mouvementée qu’au fil de sa grossesse, ma fille Marie-Pierre et mon beau-fils Patrick avaient traversée. Je reprends la trame narrative textuelle, mot pour mot. Nous sommes le 6 avril.
« L’autre jour, j’ai vécu une passe difficile. En deux mots, je la raconte maladroitement mais en toute sincérité: elle m’a donné un signal de ce que, dans la vraie vie, deux pieds sur terre, les brumes plus ou moins consistantes sont à deux doigts d’un souffle de résurrection. Ma fille Marie-Pierre est enceinte. Elle porte des jumeaux. C’est une grossesse à grands risques comme disent les gynécologues-généticiens. Début février, dix-septième semaine de gestation, branle-bas de combat: routine administrative pour le médecin spécialiste et giclure de turbulence pour la maman porteuse et le papa virtuel : il leur faut vite répondre à la question si oui ou non ils autorisent l’amniocentèse : c’est un test à grand risque, une intervention avec un outillage en forme d’aiguille qui entraîne une perte fatale 2 fois sur 10 simplement pour découvrir qu’une fois sur 326, le bébé en croissance porte une déficience congénitale trisomique ou quelconque. La réponse conjointe, rapide, concertée a été donnée. Non-non pas d’amniocentèse. Et, deux semaines s’écoulent dans une tranquillité relative. Un jeudi matin, à son travail, chez son employeur, à Drummondville, ma fille Marie-Pierre reçoit un appel d’urgence: le service de gynéco hospitalière veut, très vite, revoir les futurs parents. Un rendez-vous est fixé avec un intervalle d’angoisse de 5 pleines journées. Aucune explication n’est fournie quant à la nature et la gravité du problème. Il faut conjecturer, imaginer, projeter. C’est la quasi-vingtième semaine de grossesse, une limite médicale aux avortements. Y a-t-il une difficulté mystérieuse, méconnue, insoupçonnée. Au cours du week-end qui s’ensuit, ma fille nous communique son désarroi et sa détresse. En ma qualité de grand-père, ma seule inspiration, c’est de lui dire que je la porte dans mon cœur, que mon affection lui est acquise, que, pour le reste, j’avoue mon impuissance. J’ai cependant beaucoup prié dans les heures et les deux jours qui ont suivi. Notamment, j’ai dit à l’Esprit-Saint : « Mon Dieu! Écoute-moi. Face à ce qui se passe, à la détresse de ma fille, j’avoue mon impuissance. Peut-être y-a-t-il un avortement qui se prépare. J’avoue mon angoisse. Esprit-Saint, tu n’es pas le Dieu de la mort, tu es le Dieu de la vie. J’ose te demander que la Vie, seulement la Vie, émerge de cette passe difficile. En Toi, je m’abandonne. J’accueille la suite des choses, le dénouement, quel qu’il soit. Advienne que pourra, je sais, je crois que Tu es le Dieu de la Vie. » C’était le dimanche matin, au fil d’une autre célébration dominicale. Le lendemain, coup de théâtre. L’hôpital annule toute espèce de rendez-vous d’urgence. Une erreur, dit-on, s’est glissée sur la carte des rendez-vous. Une erreur administrative. Aucune urgence. Aucune investigation. Tout est normal. Y aura le suivi habituel. Sans perspective essoufflante et effrayante. J’étais dans l’allégresse. Je le suis toujours. » (Fin de la citation.)
Je connais le futur. En avril, ce que j’ignorais, je l’ai su en juin, je l’ai su en été, je l’ai su aux lisières de l’automne. Le Dieu de la Vie, de l’Amour, plus fort que toute forme d’adversité, murmure à l’oreille d’Henri-Pierre et de Rose-Alice: « Je t’aime. T’as du prix à mes yeux. En toi, j’ai mis tout mon Amour. » C’est l’essentiel. C’est la Vie.
Cette merveille, Claude Ferland, le président de notre célébration, me donne de l’observer sous une autre facette, comme un complément de la première. Claude est beauceron. Sous le manteau, il m’a gratifié d’une réflexion sortie de la plume d’un illustre beauceron, comique et comédien à l’heure des Plouffe (je sais, je sais, la dernière tranche a été diffusée il y a 55 ans, mais la référence culturelle n’a pas vieilli). Doris Lussier, alias père Gédéon, a été humaniste et philosophe d’une grande sagesse. L’une de ses grandes inspirations était l’enfant nouveau-né. Je répète son propos avec une légère adaptation.
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« Rien n’est plus grand que le tout-petit. Quelqu’un a pu dire que, de tous les êtres vivants, l’enfant est le seul devant lequel, en toute convenance, on doive s’agenouiller pour se grandir à son niveau.
À chaque naissance, le monde recommence. L’enfant est le sang de notre sève, la recrue continuelle de l’humanité. Il porte en lui la possibilité du meilleur. Chair de notre chair, cœur de notre cœur, les nouveau-nés sont promesse d’avenir. Ils sont aussi notre inquiétude sachant tous les pièges qui guettent leurs pas. Ils sont surtout les princes de la vie, le premier matin du monde. Jamais blasés, ils s’émerveillent. Ils greffent une enfance nouvelle en celui qui les côtoie. Ils déversent une jeunesse renouvelée dans le cœur de l’aîné. Leurs sourires, à peine esquissés, toujours appréciés, leur œil concentré à l’écoute d’une berceuse de grand-mère, et j’en passe des meilleures: tels des murmures de vie naissante comme un bain de jouvence. Ils sont la vie, l’amour ». Ici, je laisse la réflexion du père Gédéon.
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Et, j’aime rappeler qu’Henri Pierre et Rose-Alice ont un grand frère Léopold qui, tous les jours, en fin d’après-midi, au retour de la garderie, se laisse porter au-dessus du grand parc, dans l’angle du salon. Il s’approche du petit frère, de la petite sœur, les regarde : avec son expérience de 18 mois bien comptés, il leur témoigne son affection et il prononce lentement deux syllabes bien articulées qu’il maîtrise avec un art consommé : « bé…bé ».
Le grand-frère se souvient peut-être qu’il y a un an, au cœur de l’été, dans cette église, cette même assemblée, rayonnante autour de Léopold, avait formulé une prière d’espérance pour que s’ensuive toujours le meilleur usage des outils naturels dont dispose celui qui a l’amour comme réponse à l’amour. Avec un air de famille, je reprendrai la même oraison. Tournés vers le Seigneur, nous lui demanderons l’assurance, en pensant à Henri-Pierre et à Rose-Alice,
Que leurs mains servent à transformer le monde
Que leurs yeux ne se ferment jamais sur la misère
Et que leur cœur s’ouvre à l’amour de tous.
AMEN
Homélie de Michel Savard,
Pour le baptême de son petit-fils Henri-Pierre et
de sa petite fille Rose-Alice (Morin-Savard), en l’église de Lac-Saint-Charles,
le dimanche 12 octobre 2014, en présence d’une communauté de 60 parents et amis.
QUÉBEC, LE 27 NOVEMBRE 2014
Texte annonçant, à la famille élargie, la naissance de son petit-fils Émile.
LA CIGOGNE DÉPOSE ÉMILE
DANS LES BRAS D’ELISE ET DE JEAN-PHILIPPE
Vous souvient-il du propos « gynécolo» de l’arrière-grand-père Léopold! Dans ses mémoires (onzième page), il dit se souvenir d’une immense roche de 10’ x 10’ que la cigogne porteuse utilisait pour les accouchements. Sur la terre de l’oncle Joseph, à Lac-Saint-Charles, dans la grande vallée laurentienne, le glacier millénaire l’y avait abandonnée: surgissant de nulle part, cette masse imposante émouvait l’œil juvénile. Au surplus, l’ancêtre Beaulieu ou l’aïeul Rhéaume impressionnait l’oreille néophyte en situant sur la fameuse tablette rocheuse les premiers souffles du dernier tout-petit nouveau-né. C’était en 1920 ou 1925. Presque un siècle et quatre générations ont glissé dans la mémoire des familles proches.
La vie, ses premiers souffles, sa touchante espérance, ne cessent d’émouvoir: elle se raconte autrement. Elle a déserté la roche porteuse de l’oncle Joseph mais elle surgit, sur les berges du Saint-Laurent. Aux Trois-Rivières, ce matin, dans la nuit de mercredi à jeudi, au Pavillon Sainte-Marie, boulevard du Carmel, dans la vieille zone tricentenaire, 24 heures avant la date et le temps minutieusement programmés, Émile a décidé de sortir le bout du nez, d’alerter les services-maternité, de dire qu’il n’a pas vraiment besoin de césarienne et d’exprimer son espérance de venir au monde «hic et nunc», «ici et tout de suite». À la vitesse de l’éclair, suite à l’imprévisible crevaison des eaux, à peine 150 minutes s’écoulent lorsqu’Émile exhale son premier souffle. L’horloge sonne les deux heures et trente-cinq (a.m.). Comme disent les porte-paroles de l’unité « Mère-Enfant », bloc opératoire et style télégraphique : poids de 7 livres et 2 onces et taille de 52 centimètres (20 pouces et demi). Au-delà des statistiques néo-natales, ce que retiennent les grand-mère et grand-père de Lac-Saint-Charles, c’est l’exubérance d’Elise et de Jean-Philippe : «Émile est pas mal beau. Y’a des cheveux, des grands doigts. Y pleure quasiment pas. Bonne santé. Déjà, sur ses lèvres, peut-être, l’esquisse d’un premier sourire. »
Solange et Michel,
Aïeux d’Émile et Flavie, aux Trois-Rivières,
et de Léopold, Henri-Pierre et Rose-Alice, à Beloeil.
QUÉBEC, LE DIMANCHE 21 JUIN 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de sa belle-fille Elise.
ELISE – 32 ANS
Chère Elise,
Si baguette magique pouvait, elle soulignerait, en décalage de six semaines, un anniversaire encrypté dans la Haute Saint-Charles, épinglé dans le bas Saint-Maurice et agrafé aux rivages limpides de Ste-Anne-des-Monts-Chics-Chocs. « Pôvre » de moi, disait Favreau, le clown clochard et naïf pas toujours capable « d’assommer toutes ses responsabilités ». En écho ! « Pôvres de nous ! », devrions-nous répéter autant de fois qu’il y a de veilles entre le 4 mai et le 21 du mois de juin. Une cinquantaine d’occasions pour masquer l’oubli et, en toute affection, te redire cinquante fois : Bonne fête, Elise.
xxx
Solange et Michel
QUÉBEC, LE DIMANCHE 21 JUIN 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de son petit-fils Henri-Pierre.
HENRI-PIERRE – 1 AN
Henri-Pierre,
Cher « grand » footballeur casqué que le grand « Léo », aînesse oblige, appelle son « Tit-frère »; cher bébé Hercule équipé d’un vrai biceps bionique; cher parachutiste en chute libre, dans les bras de Patrick, entre ciel et plancher; cher voyageur de la navette Beloeil-Drummond que des bras maternels, aux heures de pointe, déposent dans sa coquille de croisière mini-vanne; cher inventeur de sourire foudroyant que, sans préavis, tu décoches telle une flèche de Cupidon; Henri-Pierre, bonne fête à Québec. Que ton premier de l’an, ta première commémoration, ton premier jubilé, campés dans la maisonnée de grand-père-grand-mère du Lac, brillent longtemps dans ton œil allumé et dans ton souvenir de « jumeau » de Rose-Alice.
xxx
Solange et Michel,
Grand-mère et grand-père du Lac,
Québec
QUÉBEC, LE DIMANCHE 21 JUIN 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de sa petite-fille Rose-Alice.
ROSE-ALICE – 1 AN
Rose-Alice,
Chère « grande » petite Rose-Alice, si émouvante, si vive, si bondissante sur tes jambes fureteuses et fouineuses, si acharnée à trouver le petit rien qui garantisse ta première marche à deux pattes, si frondeuse, si apparentée à Mona Lisa dans l’esquisse d’un sourire–mystère, si jolie sous ta couronne de boucles frisées, si déterminée à prendre une juste place dans l’univers masculin de Léo le Grand et d’Henri-Pierre le Petit, si mignonne, si frondeuse, si ricaneuse aux belles niaiseries de Léo; Rose-Alice, bonne fête à Québec . Que ton premier de l’an, ta première commémoration, ton premier jubilé, campés dans la maisonnée de grand-père-grand-mère du Lac, brillent longtemps dans ton œil allumé et dans ton souvenir de « grande » princesse de Beloeil.
xxx
Solange et Michel,
Grand-mère et grand-père du Lac,
Québec
TROIS-RIVIERES, LE VENDREDI 12 JUIN 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de son fils Jean-Philippe.
JEAN-PHILIPPE – 33 ANS
Cher Jean-Philippe,
2012 et 2014 étaient les années de Flavie et d’Émile. Dans l’autre siècle, leur père Jean-Philippe avait démarqué le millésime 82. Aujourd’hui, notre fils a 33 ans: une longue trajectoire, un parcours en étapes, aux 4 coins du Québec. Des jalons à Lac-Saint-Charles, à Montréal, à Laval, à Trois-Rivières. S’enchaînent des fragments de curriculum: à Lac Delage, à la Vie Sportive, chez Permacon, à l’Agence spatiale, chez Bombardier, chez Kongsberg. S’y entremêlent des entraînements, du ski de fond, des marathons, de la compétition d’endurance « iron man », beaucoup de « bicycle » arrosé de natation accouplée de course à pied. Ta rencontre d’Elise et la demi-décennie de rêves, de projets, de réalisations, de nouvelles vies qui ont germé sur vos 2 routes fusionnées… Le fleuron inaltérable du 12 juin ravive ces repères de lumière. Une douce infinité d’inclination à célébrer. Bonne fête, Jean-Philippe.
xxx
Solange et Michel,
Depuis 33 ans, papa-maman de Jean-Philippe
DRUMMONDVILLE, LE MARDI 7 JUILLET 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de sa fille Marie-Pierre.
MARIE-PIERRE – 35 ANS
Chère Marie-Pierre,
Drummondville, en lettres capitales, faut-il écrire… surtout en juillet, surtout le 7, surtout dans une « passe-tourmente », doublement capitale, à mi-chemin entre Beloeil-sur-Richelieu et Bertrand-sur-Lemire. Les greffes de notaire, les vannes déménageuses, les fatigues matinales, les tracas nocturnes, les journées turbulentes du collège laissent place au marquage indélébile d’un anniversaire, le 35e de notre grand’fille sur le point d’occuper sa belle grande maison rose qu’une flopée de bénévoles embellissent et garnissent.
Bonne fête Marie-Pierre,
xxx
Solange et Michel
QUÉBEC, LE SAMEDI 12 SEPTEMBRE 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de de son gendre Patrick.
PATRICK – 40 ANS
Cher Patrick,
Comme dit la chanson, le quarantième de naissance, c’est l’amorce d’un nouveau chapitre. Les quarante premières années ont laissé des traces, des souvenirs, des accomplissements, des espérances, un tissage de relations embouvetées, un arrière-plan de chaleur humaine, d’amour, de fraternité, et de postérité. Avant la maison rose, le temps des semailles. Après Beloeil, le temps des moissons, les années de maturité qui tempèrent, assagissent et pacifient les pleurs, les rires, les cris, et les joies de ceux qui grandissent et te doivent la vie.
Bonne fête, Patrick. Recueille l’hommage de ceux qui t’aiment et t’apprécient comme époux, comme fils, comme frère, ou comme nouveau-nés qui recherchent et anticipent la présence d’un père généreusement pourvoyeur de temps de qualité.
Solange et Michel
DRUMMONDVILLE, LE DIMANCHE 1ER NOVEMBRE 2015
Courriel annonçant la naissance de Charles-André à la famille élargie.
Je vous laisse copie du message de la cigogne diffusé aux quatre coins du Québec, en quelque village où se trouve un maillon des fratries Beaulieu-Savard
NAISSANCE DE CHARLES-ANDRÉ
MESSAGE DE LA CIGOGNE
POSTÉE À DRUMMONDVILLE :
À l’hôpital Ste-Croix, en bordure de la rivière Saint-François, (dont 100 kilomètres la séparent de Montréal et 175 de Québec), dans la quiétude matinale du dimanche, à l’aube du 1er novembre qui raboute l’heure normale et s’étire sur 25 heures d’arrière-saison, un bébé bleu, joufflu, plein de santé, Charles-André, est né dans la quiétude, la sérénité, la confiance et la quasi-garantie d’un accouchement sécuritaire condensé en 4 petites heures et demie. 7 heures 21 minutes, heure normale, dimanche matin, le 1er novembre. 20 pouces et demi, 8 livres 11 onces, (3.9 kilos), plutôt joufflu. Voilà pour la tournure d’esprit de la cigogne, plutôt statisticienne!
S’ensuit le message d’accueil que grand-mère et grand-père de Lac-Saint-Charles ont chaleureusement déposé aux pieds de Charles-André, leur sixième petit depuis novembre 2012.
DRUMMONDVILLE, LE DIMANCHE 1ER NOVEMBRE 2015
Message adressé à Charles-André, petit-fils de Michel et Solange, lors de sa naissance.
BIENVENUE CHARLES-ANDRÉ
Cher petit Charles-André !
Chaque enfant est un miracle, une épopée qui se raconte en « heures-minutes » et se relate en chiffres apparentés aux onces, aux livres, aux pouces maintes fois reconvertis en métrique. S’il incarne un album statistique, le nouveau-né de Sainte-Croix, alias « bébé bleu », langé-vêtu de blanc, casqué de bleu trois-moutons coton, les doigts minuscules engoncés dans une mitaine glisseuse teintée de la couleur d’ourse brune, quasi 4 kilos, petit Charles-André, d’emblée, porte une ondée vivante, rafraîchissante, emballante : une naissance fleurie et un futur dont toutes les voies possibles qui se puissent imaginer sont encore ouvertes. Une vie à son premier souffle. Une vie pleine de promesses comme les naissances paresseuses dépourvues de bémols cliniques. Un cœur à aimer. Toute la tendresse du monde. Charles-André : Grand-mère et grand-père, Solange et Michel, préparaient leurs bagages, depuis septembre à Québec; ils attendaient les derniers branle-bas, depuis quatre jours, à Drummondville. Ta naissance est douce à leurs oreilles collées sur le « mini combiné téléphone » de la maison rose.
Charles-André, notre amour du premier novembre, bienvenue dans notre cœur où ta place, toujours, sera grande et belle, quoiqu’il advienne.
Grand-maman Solange, xxx
Grand-papa Michel, xxx
TROIS-RIVIÈRES, LE DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de sa petite-fille Flavie.
FLAVIE - 3 ANS
Chère « grande » Flavie,
Nous avons souvenance de tes premières bouffées de vie toute neuve, (ce jeudi matin, le 22 novembre, en l’année 2012, à huit heures 22). Résonnent toujours ta première émotion, ta plus douce larme versée dans un monde inconnu qu’adoucissent la tendresse d’une mère novice et d’un père néophyte… : telles sont les images qui nous habitent. Entre Québec et Trois-Rivières, ce 22 novembre, en fin d’après-midi, sur l’autoroute 40, le nouveau crépuscule s’estompe dans le soleil éclatant et chaleureux de la grande nouvelle issue de la Mauricie: Flavie est née, bien née; elle est en bonne santé. Sa mère Elise, entre césarienne et allaitement, récupère, à courtes doses, une précieuse vitalité. Son père Jean-Philippe, depuis 12 heures, n’a pas fermé l’œil…
Une éternité s’est écoulée. 3 belles années. Une découverte, une tendresse, une affection, un triple anniversaire que garantissent la douceur et l’agrément d’un automne chaleureux.
Bonne fête Flavie.
Grand-maman Solange, xxx
Grand-papa Michel. xxx
TROIS-RIVIÈRES, LE VENDREDI 27 NOVEMBRE 2015
Carte de souhaits pour l’anniversaire de son petit-fils Émile.
ÉMILE – 1 AN
Cher Émile,
La vie, ses premiers souffles, sa touchante espérance ne cessent d’émouvoir. À Trois-Rivières, il y a un an, date pour date, sur les berges du Saint-Laurent, ce matin du 27 novembre, au Pavillon Sainte-Marie, boulevard du Carmel, tu avais décidé de sortir le bout du nez, d’alerter les services-maternité, de dire « non merci à la césarienne » et d’exprimer ta vive espérance de venir au monde «hic et nunc», « ici et tout de suite ». L’horloge avait sonné les deux heures et trente-cinq. Tout de suite, une vive coloration d’exubérance avait marqué l’annonce messagère envoyée à Québec : « Émile est pas mal beau. Y a des cheveux, des grands doigts. Y pleure quasiment pas. Bonne santé. Déjà, sur ses lèvres, peut-être, l’esquisse d’un premier sourire ». Cher Émile, les heures, les journées, les semaines, les derniers souffles d’automne, les glaçures de l’hiver, la résurrection d’avril, l’hyper-chaleureuse vague estivale et ta virée marathonienne à Chicago ont masqué l’écoulement d’une première année que jalonnent tes premières surprises bondissantes et heureuses. À l’aube de ta deuxième année, cher Émile, nous te réitérons l’affection que tu nous inspires et te redisons l’accueil chaleureux que, toujours, Québec et tes grands-parents de Lac-Saint-Charles te réservent.
Bonne fête, Émile.
Grand-maman Solange, xxx
Grand-papa Michel. Xxx
QUÉBEC, LE VENDREDI 25 DÉCEMBRE 2015
Dernières cartes de Noël offertes aux précieux membres de sa famille.
NOËL 2015
MARIE-PIERRE, PATRICK,
On dit que Noël est une jolie fête pour les grands: pour les tout-petits, une super-célébration qui apaise, enchante, ennoblit, et claironne l’épiphanie amoureuse d’une enfance ouverte à l’échange fraternel. S’il est une maisonnée où campe l’esprit du 25 décembre, c’est la maison rose de la rue Bertrand : Léopold, Henri-Pierre, Rose-Alice, Charles-André, quatre paires de mains qui accueillent vos patiences, vos tendresses, vos soupirs nocturnes, vos matinées fébriles, vos inquiétudes lancinantes et vos amours jaillissantes.
Joyeux Noël, Marie-Pierre… Patrick
Solange et Michel XXX XXX
JEAN-PHILIPPE, ELISE,
Noël à Trois-Rivières, Noël à Drummondville, Noël à Québec, Noël à Nicolet, Noël à Lac-Saint-Charles, Noël avec Flavie, Noël avec Émile, Noël partout, Noël dans le cœur des plus grands… des plus petits... Noël, fête de l’amour, de l’accueil, de l’apaisement, de la trêve, de l’amitié, de la fraternité…
Jean-Philippe, Elise, Joyeux Noël
Solange et Michel XXX XXX
FLAVIE,
C’est Noël. À Lac-Saint-Charles, avec minutie, t’avais scruté, yeuté, ausculté les nombreux personnages de la crèche environnée de papier rocher. Les Melchior et Balthazar, les bergers de la plaine, le cabanon-collé-sur-l’écurie où gîte le tout-petit nouveau-né, son père Joseph, maman Marie, l’âne et le bœuf, les moutons sur le seuil de l’étable où dans la crevasse éloignée, enfin, cette clarté légère, apaisante, doucement clignotante. Flavie, ferme les yeux. Joyeux Noël.
Tes grand-mère-grand-père de Québec,
Solange et Michel XXX
LÉOPOLD,
Neige aux tuques, neige au sol, neige aux branches, neige au traîneau, neige à pelleter, neige à rouler, neige à pilasser, neige à façonner, neige à sculpter, neige à réjouir « bébé-garçon » qui, pour la première fois, dans les bras de « papa », Léopold va sortir de la maison rose et pourchasser les flocons de neige blanche, légère et poudreuse vite engloutie dans la pelle nettoyeuse. Joyeux Noël.
Tes grand-mère-grand-père de Québec,
Solange et Michel XXX
HENRI-PIERRE,
Oh! Le soleil. Oh! Le nuage arc-en-ciel. Oh! La galerie de photos dans la salle à manger. Oh! Les rideaux retroussés du salon. Henri-Pierre, ton doigt pointé est infiniment porteur de merveilles. Il charme. Il étonne. Il fascine. Comme un poète en herbe, il conte une fable, une ode, une épopée. Avec un nouvel œil, il regarde la vraie vie. Il enchante. Il rafraîchit. C’est la vision des nuits de Noël à longueur d’année. Tellement facile, Henri-Pierre, de te dire, sans broncher, du fond du cœur : Joyeux Noël et Sainte nuit.
Tes grand-mère-grand-père de Québec,
Solange et Michel XXX
ROSE-ALICE,
À te voir marcher, déambuler, à peine hésiter, redémarrer au plus vite, faire la course avec les garçons de la maison, la gagner, souvent avec une livrée de fière compétitrice, monter aux barricades, y être confortable, surtout dans la jouisseuse « musique » des grandes assiettes d’aluminium qui virevoltent et se fracassent au plancher de cuisine : il y a un air de fête qui prélude à la grande Nativité de la grande nuitée du 25 décembre: Joyeux Noël, Rose-Alice.
Tes grand-mère-grand-père de Québec,
Solange et Michel XXX
ÉMILE,
Ton sourire charmeur et juvénile, tes fugues hasardeuses dans l’escalier, tes marathons de vitesse de cuisine en salon, tes apparitions soudaines sur l’écran-tablette, tes embryons de fraternelle chamaillerie quand tu convoites un outil de la grande Flavie, voilà toutes facettes confondues d’un grand petit-fils dans le cœur des grand-père-grand-mère de Québec. Émile le Grand, joyeux Noël. Savoure le frémissement d’un 25 décembre qui s’adoucit au lieu de s’enneiger.
Tes grand-mère-grand-père de Québec,
Solange et Michel XXX
CHARLES-ANDRÉ,
Déjà, tu portes fièrement un titre de noblesse. Sur les murs de réseau social, une note chaleureuse et maternelle, issue de la rue Bertrand, t’attribue cette marque sélective: Charles-André, tu es accueilli, à 56 jours, comme un petit cadeau de Noël. Du jamais vu.
À ta manière, déjà, tu participes à la grande fête, à la réjouissance et aux festivités joyeuses qui marquent la Nativité. Avec amour, dans l’écho de la grande célébration, tes grand-mère-grand-père de Québec te souhaitent un plus-que-beaucoup-très-beaucoup « Joyeux, très joyeux Noël, Charles-André ».
Solange et Michel XXX
DRUMMONDVILLE, LE 15 FÉVRIER 2016
Carte de souhaits pour l’anniversaire de son petit-fils Léopold.
LÉOPOLD - 3 ANS
En l’année 2013, le 15 février. Cher Léopold, il y a longtemps, cette année-là, mi-février, au cœur de l’hiver, avec amour, tu étais attendu. Cajolé depuis belle lurette, choyé de longue main, le projet Léopold, en toute priorité, connaissait ses dernières alertes gynécos. Tu étais passionnément désiré dans le cœur d’un papa-maman néophyte dont la dernière goutte d’énergie, fin janvier, avait chambardé un sous-sol, un bureau, un atelier, dans le tourbillon desquels surgissait ta craquante mini-chambre bleue.
3 belles années se sont écoulées. 3 ans, Léopold : tu apprivoises l’éclat des premières mouvances millésimes partagées entre Beloeil et Drummondville. Ton papa à toi et « celle » dont ta jeune fierté te pousse à redire «c’est ma maman qui les a placardées», en pointant les multi-décorations-pompiers qui flambent autour de la grand-table… et grand-maman, et … grand-papa, et …tout plein de monde, et toute une flopée d’invités t’enveloppent de tendresse et te disent : Bonne fête, mon grand Léopold, grand frère de famille, 3 ans, en ce dimanche de fête si chaleureuse, malgré la glace des 25 degrés Celsius en bas de zéro, dehors, que bloque la porte-façade de ta nouvelle maison rose.
xxx
Grand-maman Solange et grand-papa Michel - Lac-Saint-Charles
LAC-SAINT-CHARLES, LE 31 MARS 2016
Le tout dernier courriel qu’il aura écrit à la famille élargie,
annonçant le retour de la cigogne chez son fils Jean-Philippe.
CIGOGNE D’AUTOMNE
Toujours en automne…. la cigogne trifluvienne…
En 2012, elle portait Flavie. Émile, deux ans plus tard, coin Barette et Francoeur, était déposé dans la même chaumière. Elise et Jean-Philippe, aux portes de l’hiver, ont engendré l’espérance d’une troisième vie nouvelle et la grande échassière, au plumage noir et blanc, a confirmé la commande. Dans sa planif d’automne, elle a bloqué une date : le vendredi, 23 septembre.
Pur bonheur pour une grand-mère et un grand-père, grands relayeurs de nouvelles baignées de lumière, de tendresse et d’amour.
Solange et Michel
LAC-SAINT-CHARLES, LE LUNDI 4 AVRIL 2016
Le dernier texte que Michel aura composé et partagé avec sa paroisse.
GERBE DE MISÉRICORDE
Présentation imagée des multiples visages d’un Dieu plein de vérité, d’amour, de tendresse, et de compassion.
La miséricorde et toutes ses fleurs, comme le dit le pape François, c’est une source de joie, de sérénité, de paix, c’est un révélateur du mystère de la Trinité, c’est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de sa vie.
Ces fleurs de miséricorde (patience, bienveillance, compassion, gratitude, consolation… il y en a une quinzaine sur le croquis que dessine Martine H., la toute nouvelle agente de pastorale de ma paroisse Bon-Pasteur), dans leur variété, ces fleurs ont toutes la même racine, celle de l’amour.
La miséricorde de Dieu sera toujours plus grande que le péché. Nul ne peut mettre une limite à son Amour. Avec mes propres fautes, mes misères, mes blessures, (Pape François), Jésus accomplit des miracles comme aux noces de Cana. Un miracle, selon toute apparence, avec ce qui, à l’origine, contient des impuretés. Il le transforme. Comme dit Saint-Paul : « Là où le péché abonde, la grâce surabonde ». L’amour aussi. C’est pourquoi saint Jean de la Croix ne cesse de redire : « Là où il n’y a pas d’amour, semez-en et vous en récolterez. Au soir de la vie, nous serons jugés sur l’amour. »
Michel Savard
Équipe de la catéchèse dominicale, Bon-Pasteur, Lac-Saint-Charles
Lundi, le 4 avril 2016
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À l’hôpital Saint-François-d’Assise, le 9 avril 2016, à l’âge de 71 ans, est décédé, entouré de sa famille, monsieur Michel Savard, époux de dame Solange Beaulieu, fils de feu Léopold Savard et de feu Irène Gagné. Il demeurait à Lac-Saint-Charles.
Outre son épouse Solange, il laisse dans le deuil ses enfants : Marie-Pierre (Patrick Morin) et Jean-Philippe (Elise Fortier); ses petits-enfants: Flavie, Léopold, Henri-Pierre, Rose-Alice, Émile, Charles-André et son petit-fils à naître; sa sœur Claudette (Jacques Dion); son frère feu Laurent Savard; ses beaux-frères et belles-sœurs de la famille Beaulieu : Candide (Clément Rousseau), Marie-Nicole (Michel Lemelin), Normand (Hélène Grenier), Martine (Bruno Carpentier), Jean (Danielle Martineau), Pierre (Viviane
Huot), Dominique (Madeleine Pouliot) et Françoise (Claude Albert); ainsi que plusieurs neveux, nièces et amis.
La famille recevra les condoléances au:
Complexe Funéraire Sylvio Marceau
15015 boul. Henri-Bourassa, Québec
Membre du Réseau Dignité
le vendredi 22 avril 2016 de 19h à 22h et le samedi 23 avril 2016 de 10h30 à 13h30. Les funérailles suivront à 14h en l’église Ste-Françoise-Cabrini (1418, Avenue du Lac-Saint-Charles, Qc, G3G 1H1), et de là, au cimetière de Lac-Saint-Charles.
Vos marques de sympathie peuvent se traduire par un don à la Fondation des Maladies du Coeur du Québec et de l’AVC (1434 rue Ste-Catherine Ouest, bureau 500, Montréal, Qc, H3G 1R4).
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